Quelques heures à Paris, avant de rentrer chez les parents, de retrouver un univers confortable. Des peluches qui attendent en souriant une vague caresse. Du courrier accumulé sur le bureau et qu'on a un peu la flemme d'ouvrir (des réductions La Redoute de juillet, une promotion bancaire, une proposition d'abonnement au Télérama). Du temps pourri du Nord - Pas de Calais, mais c'est comme ça que je l'aime : journées derrière les carreaux, sauf le courage que l'on prend pour acheter le pain ou poster une lettre au bout de la rue.
Ce faux week-end à Paris, une soirée cinéma d'enfer : rétrospective des années 70 au Champollion. Profession reporter avec le jeune Jack Nicholson, The Savage Eye (film complètement psychotique) et Apportez-moi la tête d'A. Garcia, un univers proche des films des frères Coen, que j'aime tant. Faire la queue à minuit devant le cinéma, avec d'autres jeunes filles à lunettes, se sentir un peu (trop) snob et intello, et s'étonner au petit matin d'avoir survécu sans trop dormir. Un mauvais croissant et un chocolat instantané, somnoler dans le taxi et se réveiller à midi.
Et avant, encore, cette soirée un peu inhabituelle, il a fallu partir. Un peu en courant, parce que j'avais oublié de vérifier quatre fois que le réfrigérateur était bien fermé, que tout était éteint, que les provisions étaient bien au froid, au congélateur. Un samedi passé à cuisiner les restes, à étiquetter soigneusement, à préparer des portions individuelles, celles que l'on sort le dimanche soir quand on rentre.

Pour le petit déjeuner de lundi matin, un cake faussement marbré à la vanille et aux airelles.

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Mélanger 150 gr de farine, 150 gr de cassonnade, 1/2 sachet de levure chimique, 70 gr de beurre, 1 pot de faisselle. Séparer les blancs des jaunes de deux oeufs. Ajouter les jaunes à la préparation, battre les blancs en neige à part, avec une pincée de sel. Ajouter à la préparation. Puis séparer la pâte en deux, ajouter du sucre vanillé (maison, si possible, une cuillère à soupe) à la première part, quatre cuillères à soupe de sirop d'airelles bio à l'autre (l'idéal étant d'avoir des airelles fraîches délicatement pressée en purée). Puis verser successivement une pâte puis l'autre (en plusieurs couches) dans un moule à cake. Enfourner 40 minutes à 180°C, arrêter la cuisson lorsqu'une pointe de couteau ressort sèche. Constater au découpage l'absence de marbrure, et considérer que Peter Pan, lui, avait bien raison de ne pas se laisser tromper par de pauvres apparences et d'imaginer des festins de roi. Alors oui, ce cake est marbré dans mon coeur. Et si vous avez le courage de lire la recette jusqu'au bout, je dirais que ça n'est pas trop la peine de séparer les deux pâtes, du coup.

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