Le film commence joliment. Des guirlandes d'enfants qui chantent, des montagnes ensoleillées, un été dans les Cévennes. Puis, une cantine d'école. Des équivalences, arrêt sur image.
Banane = plomb. Eau = pesticide. Conservateurs = Mal.
Puis (résumons). Pesticide = leucémie = mort d'enfants.
Nulle possibilité de discuter ces informations, on les retrouve dans les rapports du FAO (Food & Agriculture Organization) et d'autres instances d'autorité sur le sujet. Non, j'aimerais juste dire quelques lignes sur ce film, qui donne à réfléchir.
Réfléchir à la manière dont on veut convaincre, aujourd'hui. Des plans chocs, des larmes, des chants d'enfants, du pathos qui touchent d'abord une corde sensible, sans autre argument que la souffrance.
Réfléchir au rapport à l'enfance. Comme si les cancers et autres maladies des adultes étaient moins graves, comme si ces agriculteurs montrés du doigt, traitant leurs plants, agissaient en toute connaissance de cause. Ne peut-on penser à l'origine de ces maux, à la perte des savoirs organisée par le grand capitalisme du pesticide, à l'orchestration marketing de la demande de tomates en hiver. (Je résume, encore une fois). (le film est aussi très manichéen)
Quelques lignes, donc, un peu moins rêveuses que d'habitude. Parce que ce que j'ai apprécié dans Nos enfants nous accuseront, c'est ce que je savais déjà. Et c'est peut-être aussi ce que je reproche au film : de n'être destiné qu'à une population de convaincus. De scénariser les peurs, à partir d'un exemple extrême, d'une population très touchée par les méfaits de son agriculture. En rentrant chez moi, heureusement, je n'avais ni boîte de haricot vert, ni crème allégée, ni viande sous vide. Juste un peu de verdure, de quoi se repaître, de quoi essayer de (sur)vivre un peu mieux aux incertitudes.

Pour la conscience biologique d'une gourmette avertie,
Une pizza épinard - poire - mozzarella fumée. Sans plomb.

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Je vous laisse faire la pâte, chacun ses recettes. Huile d'olive, sel, levure de boulange, farine et un peu d'eau. Je n'ai pas encore essayé celle de Gracianne au lait, mais je l'ai retenue.
Préchauffer le four à 200°C.
Etaler la pâte. en pizza individuelle, c'est plus joli, plus tendance. Très marketing : on a envie de finir la part individuelle, on fait moins attention aux quantités.
Couche 1 : Dans une poêle, faire revenir dans un peu d'huile d'olive, une gousse d'ail, 700 gr de feuilles d'épinard lavées hachées. Laisser réduire, piment d'espelette (AOC)-saler. Pas d'épinard en boîte, il y a du plomb.
Couche 2 : Une demi-poire, pelée, en lamelles fines. Pas de poire de supermarché, il y a des pesticides.
Couche 3, pour ceux qui aiment : Quelques tranches de jambon cru émincées, parties, revenues. Pas de jambon sous vide, il y a trop de sel.
Couche 4 : Quelques tranches fines de Mozzarella Fumée. Pas de mozza en sachet, il y a des conservateurs.
Couche 5 : Un peu de pecorino sarde, râpé. Pas de gruyère, c'est pas la même chose.
Cuire 15 à 20 minutes.
Couche subsidiaire : un trait d'huile d'olive. Une salade arrosée de balsamique (je me répète). constater au passage qu'il y a du colorant caramel dans le vinaigre.
Tout maîtriser, finalement, ça n'est pas une bonne idée, non plus.