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Chat. Bonnet péruvien. Fenêtre.

Des soirées passées en compagnie de très bons films, des livres absolument divins, mais terriblement intimidants. Des recettes de tripes et de cervelles lues commes des curiosité à la lueur d'une lampe de chevet 1950, des décoctions parfumées, complexes et fastidieuses de toutes les époques, des concentrés de truffe et des ortolans dans leur plus simple appareil. Eprouver le vertige de l'ignorance absolue m'a profondément déconcertée. J'ai vérifié, tout à l'heure, la recette de l'oeuf au plat, en imaginant qu'Antonin Carême aurait eu mille idées pour l'accommoder, que Taillevent l'aurait déguisé de subtile façon, qu'Apicius en aurait fait moults boulettes parfumées au garum et aux herbes sauvages, un goût que l'on ne connaît plus.
Face à cette cuisine savante, autant s'incliner et se faire plaisir quand même, non mais. Nul festin aux mille plats. Encore des pâtes, et la sensation délicieuse, un peu gluante et farineuse, des gnocchis-en-devenir roulés sous la paume malhabile, que l'on coupe sans mesure et que l'on oublie de marquer à la fourchette si l'on est pressé. (et j'ai déjà eu la flemme...)

Quelques gnocchis de racine de persil et de betteraves, avec un pesto citronné de persil plat.
(et une présentation quelque peu pompeuse, qu'il me faut assumer)

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Le pesto citronné, obtenu en pilant des pignons grillés, un demi bouquet de persil, un peu d'ail (mais attention l'ail d'hiver peut être assez violent...), le jus d'un demi citron, du parmesan fraîchement râpé et une bonne huile d'olive.
Les gnocchis de betterave, c'est pour la couleur, que j'avais trouvée jolie chez Gnocchi et Cie. Je les ai fait un peu différemment, en mélangeant deux betteraves et une petite pomme de terre, cuites et réduites en purée (à la fourchette, pour l'irrégularité des textures), un oeuf, 80 gr de farine (encore une fois, c'est moins la quantité que la texture de la pâte qui compte : il faut qu'elle soit un peu collante, élastique, pas trop sèche). On roule alors des boudins, que l'on coupe en petits carrés. Libre à vous de former des gnocchis, à la fourchette.
Les gnocchis de racine de persil, sur le même principe : deux racines de persil pour deux petites pommes de terre en purée, un oeuf et de la farine jusqu'à obtenir la consistance ad hoc.
Cuire les gnocchis dans l'eau bouillante salée, les faire revenir un peu dans un mélange beurre-huile d'olive.
Je laisse le choix de l'huile versée sur les pâtes, et conseille un bon parmesan ou un pecorino romain, un peu plus corsé.
Un verre de Beaujolais rouge va très bien (c'est le cépage Gamay qui répond agréablement au persil).


A posteriori, les gnocchis de betterave sont juste une petite décoration superfétatoire, la saveur de la racine de persil s'épanouissant beaucoup mieux.