Un concert, bientôt. Quelques bons films, un peu Bollywood -bien entendu, et si vous n'avez pas vu Slumdog Millionaire, courez-, d'autres moins. De nouvelles connaissances, des rocks dansés maladroitement à des heures indécentes sur une musique suédoise, le réveil toujours trop tôt. Nathaniel Hawthorne était aussi de la partie ces derniers temps, quoique je préfère le style grinçant de Faulkner, ou la folie de William Gay.
Les papiers s'entassent sur le bureau jamais bien rangé, des titres shakespeariens pour des réflexions complexes (Hotelling or not Hotelling?), des économistes qui parlent d'altruisme et de développement durable, d'équité et de réflexion de long terme, à l'heure où la bourse donne le la aux décisions hasardeuses.
Hier soir, sous un chapiteau mal éclairé et la bannière Slow Food, l'omniprésence de la facilité alimentaire m'a fascinée. Armées de bonne volonté et d'un sourire à toute épreuve, C. et moi avons tenté de parler, un peu, d'une autre logique. Ce n'était rien, rien du tout. Juste une dégustation comparée de cookies, des industriels et ceux que nous avions préparés, en masse, la veille. Des sourires atterrés : l'arôme écoeurant de vanille, l'huile à bas prix et l'arrière-goût salé ont parfois mieux convaincu certains palais habitués. "Si, on sent quand même le chocolat". Ah bon.
Il n'est pas évident d'avoir un discours intelligent sur la nourriture industrielle. L'essentiel, je crois est juste de ne pas en abuser. Rien n'est simple.

Et pour fêter l'arrivée du printemps (youpi), une variation sur le thème des fanes. Si on veut les consommer, les séparer dès l'achat des racines, les laver soigneusement.

Soupe de fanes de carottes

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Pour 3 personnes :
Faire griller quelques graines de coriandre, une cuillère à café de cumin, quelques grains de poivre éclatés.
Ajouter un peu d'huile d'olive, y faire revenir un petit oignon émincé, une branche de céleri finement hachée. Ajouter deux carottes moyennes émincées, un gros panais, une belle poignée de fanes de carottes. Sel, couvrir à hauteur.
Laisser cuire à feu doux (une demi-heure, un peu moins), ajouter quelques branches de persil, mixer.
La fane donne une texture très onctueuse.

Wok de tofu, radis rose et fanes de radis.

radis

Pour une personne:
Dans un wok : Faire revenir le tofu en petits dés juste trempés dans la chapelure. Ajouter une petite échalote, laisser cuire une ou deux minutes, puis ajouter les fanes d'une demi-botte de radis hachées et quelques radis roses émincés (les cuire très peu, une minute). Ajouter une càs de vinaigre de riz, un trait d'huile de sésame et de sauce soja.

Raviolis de carottes au sel fumé, bouillon printanier aux fanes de radis.

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La recette est (très) inspirée par le travail de Petter Nilsson, présenté dans le Thuriès de mars.

Pour 4 personnes (soit une vingtaine de raviolis)

Préparer la pâte à raviolis (facile).
15 à 20 minutes : Mélanger 400 gr de farine et 4 oeufs avec un trait de vinaigre et une pincée de sel, d'abord à la cuillère puis à la main. La pâte doit être élastique et homogène. Laisser reposer 2 heures. (le temps d'infusion du bouillon, par exemple)
25 minutes : couper le pâton en quatre, étaler chaque pâton sur une surface farinée. Abaisser la pâte pour qu'elle soit très fine (25 minutes au rouleau à pâtisserie, s'entend). Laisser reposer (le temps de préparer la farce, par exemple)
5 minutes : couper chaque pâte de manière à obtenir des carrés (environ 7 cm de côté). Former les raviolis (comme ici -clic-). Laisser reposer un peu (l'idéal étant de préparer la recette le matin pour le soir), cuire les raviolis dans l'eau salée (3 à 5 minutes, le temps qu'ils remontent à la surface)

Préparer le bouillon :
Faire revenir dans un peu d'huile d'olive une petite échalote, deux gousses d'ail, une branche de céleri. Ajouter une demi-botte de persil plat, les fanes d'une demi-botte de radis. Couvrir d'eau, saler, laisser infuser à feu doux pendant deux heures. Chinoiser.

Préparer la farce des raviolis:
Faire revenir deux carottes finement émincées dans l'huile d'olive. Ajouter un peu d'eau, laisser cuire 25 minutes. Ecraser les carottes à la fourchette, ajouter trois pincées de sel fumé. Une grosse càs de ricotta. Un peu de poivre. Bien mélanger.

Servir les raviolis dans le bouillon, avec quelques pluches de persil frisé et quelques zestes de citron confit.

Bu avec le plat un Riesling Chilien, un Cono Sur. Pas aussi bavard qu'un alsacien, mais bien construit, et intéressant.

(le blog fêtera demain un an d'existence et de connaissances épatantes. Merci)