Parfois les mots sont absents, insuffisants. L'infinie variation des couleurs et des parfums, la douleur sourde d'une absence sans terme, le bonheur d'une promenade agréablement bercée d'une brise parfaite, toutes ces choses au dessous des mots, exposent une fragilité inconfortable.

Profiter d'un jardin ouvrier pour un pique-nique tardif. L'accès n'est pas facile, il faut prendre la rue des Trois Artichauts, prémisse d'une ambiance hors du temps. Quelques bouteilles dans l'arrosoir frais, les terrines de légumes et les antipasti, le fromage frais et le pain au levain, pelles et pioches pour les garçons, arrosage et cueillette pour les filles (mais je ne m'en suis pas plaint). Des pommes de terre de l'an passé et les premiers radis au goût piquant, l'émerveillement devant des fleurs fragiles de courgette, encore froissées d'une croissance trop rapide. De beaux jardins, amoureusement soignés et arrangés, autant de gravures de magazine. Au loin, des chantiers incongrus et des bruits de ville, oubliés dans les feuillages réjouissants et l'odeur puissante de la terre.

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Une contribution modeste et appréciée à ces agapes, quelques gougères au gorgonzola et aux noix.

 

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Préchauffer le four à 170°C (chaleur tournante). Laisser fondre 30gr de gorgonzola piquante émietté dans 13cl d'eau, à feu doux. Ajouter une càc de noix de muscade moulue. Porter à ébullition, puis verser dans la casserole, hors du feu, 70gr de farine et 40 gr de noix émiettée. Bien mélanger, laisser sécher sur le feu quelques minutes. Puis hors du feu ajouter deux œufs. La pâte est un peu liquide, attention. Déposer de petits tas à la poche à douille sur une plaque type Tefal, laisser cuire 25 à 30 minutes.


A l'autre bout de la France, dans une ville envahie l'été de hordes fluorescentes d'anglais pré-pubères qui achètent des souvenirs Bob Marley et Mickael Jackson devant le château (il faut s'habituer, les hordes pépiantes animent les vieilles pierres), et de douces effluves de poissons pourrissant au soleil l'après-midi (il faut s'habituer, mais c'est plus difficile).

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Sur une nappe en plastique bon marché, au milieu des rires du 14 juillet, dans une assiette en carton. Une sardine et du saumon, du pain blanc (on n'aime que ça, dans le Nord) et du vin blanc sans intérêt, délicieux après la brocante très matinale. Margrethe attend sagement dans son emballage plastique, Boby est encore dans le coffre de la voiture.

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Quitter Lyon, encore, pour les frais sous-bois du Périgord. Le gouda aux truffes noires de chez Mons, mélange détonnant, entêtant. Le luxe de la truffe dégustée dans de petits cubes tendres à l'heure de l'apéritif. Irrésistible.

Quitter la France, enfin. Aller beaucoup trop loin, avec un caviar à l'aubergine nostalgique des jours toujours trop courts. Ce serait un pays des balkans, un peu méconnu, ignoré par défaut de curiosité.
Faire revenir dans de l'huile d'olive la chair d'une aubergine et d'un poivron pelé, ajouter une cuillère de vinaigre doux et une tomate concassée, laisser fondre, écraser au mortier. Ajouter au mélange une rasade généreuse de paprika doux, une pincée de piment d'Espelette., une petite gousse d'ail pressée. Manger à la petite cuillère, ou sur des petits biscuits au paprika. Nosdrovia.