Nielles lès Bléquin - Pogny - Omey - La Houpette rythment le voyage monotone, quelques heures de voiture bercées d'un Beethoven mâtiné de France Culture.
Les bagages à peine posés, nous courons presque, et arrivons au moment du la. Les trois concerti de Beethoven furent consternants. La chef d'orchestre, manifestement préoccupée par son brushing et son décolleté soigné, s'est déhanchée sans rythme et sans élégance sur un concerto n°1 grésillant. Crr Crr, joue le pianiste. Pom Pom, répond l'orchestre. La chaleur suffocante de la salle ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur le deuxième concertiste, seule intervention intéressante - le jeu subtil et malicieux efface pour un temps l'orchestre, (le pique-boeuf virevoltant masque le rhinocéros, oserais-je).
Après l'entracte, le triple concerto est tout bonnement massacré (et la salle est plutôt vide). J'admire, pendant que le violoncelle peine à se faire entendre et que le violon couine bêtement, les boiseries de la salle. L'hôtel de ville date de 1750, souffle le voisin.
Nous sortons sans mot, soulagés et un peu déçus. La glace délicieuse et le Sons et Lumières sur la place Stanislas nous réconcilient avec la ville. Ainsi qu'une certaine Maison dans le Parc dans laquelle nous sommes entrés le lendemain, avant de visiter l'inaltérable Musée des Beaux-Arts, où j'ai retrouvé avec plaisir un Foujita à l'atmosphère étrange.
Le choix du restaurant n'était pas vraiment un hasard, les conseils de Loukoum et ceux du Fooding ont guidé nos pas aveugles . Un déjeuner sur la terrasse, à l'abri des regards et d'une rue Sainte Catherine lisse et ennuyeuse. Un soupçon d'épicurisme derrière l'austère façade.

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La tarte fine aux trois tomates arrive sans le sorbet basilic - citron vert promis sur la carte, ce qui n'est pas très grave. L'harmonie des couleurs et des formes ne l'aurait peut-être pas supporté. Le feuilleté délicat de la tarte répond élégamment aux tomates, qui plutôt sucrée, qui légèrement acidulée. L'ail discret de la vinaigrette compense le goût doucereux de la mozzarella fraîche. Le verre de rosé Reuilly 2006 accompagne agréablement ce sentiment d'équilibre. 

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Le Bar à l'unilatérale, Sauce vierge et ses Pommes de terre écrasées ne déçoit pas cette première impression. Certes, la purée un peu rugueuse est quelque peu troublante, mais la cuisson du bar à la peau juste craquante et sa sauce acidulée ravissent. Le Mâcon Fuissé est bien choisi. (Les avis sur le râble de lapereau aux griottes sont plus mitigés, on lui reprocha une texture un peu pâteuse, malgré un équilibre des goûts réussis, pour classique qu'ils soient).

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Le clafoutis crémeux aux abricots était divin. Texture parfaite. La cuillère plonge avec un ravissement candide dans le petit ramequin, soulève les abricots gourmands et moelleux, racle avec délectation les bords caramélisés. L'association à la glace lavande surprend - je ne saurais dire encore si je suis conquise.
Le genre de restaurant dont on ne risque aucune déception.
à Nancy, 3 rue Sainte Catherine www.lamaisondansleparc.com


Brigitte Bardot & les Freres Jacques
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