23 octobre 2009
L'opéra en automne

Les pas ont de curieuses manières les dimanches d'automne. L'atmosphère humide d'un temple est un préambule comme un autre d'une longue promenade sur les berges du Rhône, un jour de patrimoine. Les chorales enjouées peuvent laisser indifférents les visiteurs curieux de l'architecture ronde de la voûte, des motifs étoilés des fenêtres, des escaliers poussiéreux dont l'ombre dessine des volutes anthracites sur les murs nus.
Un autre dimanche, les confettis chatoyants, ocres et pourpres, roux et dorés, délitement des arbres sur le bord des trottoirs indifférents, sont un autre sujet de conversation.
Des reflets romantiques sur les feuilles mortes (l'interprétation d'Yves Montand me plaît toujours plus que celle d'I. Pop), délicatement ramassées aux marges du fleuve.

Ocres aussi, les murs d'un New York obsolète, celui de West Side Story et du Don Giovanni joué à l'Opéra de Lyon. (Oh, il y a un opéra, à Lyon? m'a demandé ma grand-mère). En quelques notes, la trame est dévoilée, les symboles de la tragédie exposés : crinière blonde et interminable de Donna Anna, mort brutale et sans honneur du Commandeur, l'amant mou et obligeant (Don Ottavio) surgit bien trop tard. Le héros est sans noblesse ni morale, insolent face aux rédempteurs, infâme bon vivant, dont la seule vertu est un courage en demi-teinte et un appétit féroce.
L'occasion de constater aussi que Audrey Hepburn (My fair lady) est un peu pensée comme une nouvelle Zerline, femme simple mais non candide.
Sans autre transition, un agneau réglisse menthe citron vert fit il y a peu le bonheur de nos palais.
Pour 2 personnes (avec des restes, qui remplissent très gentiment les gamelles du midi) : 500 gr de selle d'agneau, 3 échalotes, un bâton de réglisse*, un demi citron vert, quelques branches de menthe, 2 gousses d'ail, et un bouillon de légumes. * Les bâtons de réglisse se trouvent en pharmacie.
Faire revenir la selle détaillée dans un fond d'huile d'olive à feu moyen, ajouter échalotes et ail finement émincés, mouiller à hauteur de bouillon de légumes maison (sinon, de l'eau), ajouter un bâton de réglisse fendu, deux branches de menthe, sel. Laisser cuire 40 minutes.
Ajouter le jus d'un demi citron vert, poivrer, servir avec du riz.
Commentaires
Une douce promenade, qui m'intrigue un peu (quel est ce temple ?) et me donne envie de refaire un petit tour à Lyon (ça tombe bien, c'est prévu!).
Quant à l'agneau, c'est exactement la viande dont j'ai envie en ce moment, par contre je sais que ce ne sera pas à la réglisse parce que un certain R. dont le nom sonne presque pareil que ces bâtons ne supporte pas ça. (et très, très bien réussie la photo de l'agneau je trouve).
les promenades dans lyon me sont étranges... je n'ai jamais vu cette ville comme ça... mais l'envie de venir y vivre toujours plus présente, en lisant tes lignes... ah! si seulement!
et merci pour tous ces liens délicieux!
J'adore la réflexion de ta grand-mère^^ Lyon, ce petit village perdu et inconnu ^^ pour l'agneau, Camille, c'est étrangement déroutant
Camille, je me régale, de tout. Des mots, des mets, des feuilles au fil de l'eau, de la musique - à part Montand, je fais un rejet ;)
Je repars avec les notes de Mozart dans la tête, et le souvenir du bâton de réglisse qu'on achetait à la boulangerie quand j'étais gamine.
Passe une bonne fin de semaine.
Mmmh un petit agneau réglisse citron vert, cuisiné pour deux, quelle bonne idée. Je garde le plus souvent ce type de viandes pour les invitations, c'est idiot, je vais y penser plus souvent, pour le quotidien de l'hiver...
Has been or not has been ;o)
Don Giovanni à l'opéra de lyon ? mais c'est ultra has been ma chere !
perso, je suis allé cette semaine voir les "pokemon crew" a ce meme opéra, une tuerie !
Bache, il s'agit d'un temple protestant, dans lequel nous sommes entrés par vraie curiosité. tu diras à Réglisse qu'il manque quelque chose.
Les chéchés, Lyon est une ville vraiment délicieuse, surtout en automne. On vit une vraie saison, celle des promenades du dimanche, des grosses écharpes sans frissonner, des couleurs de carte postale.
Marion, ma grand-mère est overparisienne. Elle n'est d'ailleurs JAMAIS venue à Lyon.
Gracianne, moi aussi j'aimais bien acheter de la réglisse, mais je trouvais ça (très) rapidement puissant.
Betterave, ben oui, c'est un peu dommage de se priver d'agneau comme ça (et puis c'est assez fashion en ce moment, entre la recette de Gracianne et celle de Mingou-reprise-de-Patoumi).
Sborgnanera, je crois que je suis définitivement has been, surtout pour la musique :)
J'y suis née mais partie trop jeune je ne connais que peu Lyon, entre cette ballade et ta jolie recette, que du bonheur.
Pas faux ton parallèle avec Audrey Hepburn...
Ton agneau réglissé me plaît beaucoup !
Tiens, je n'ai jamais l'idée de cuisiner la réglisse mais ton idée me plaît beaucoup...
Très personnellement, je préfère siffler l'apéro que l'opéra.
Bergeou, vivre à Lyon, ne serait-ce qu'un tout petit peu, quel bonheur !
Tiuscha, les autres chansons du film sont tout aussi inspirées !
Aurelvelvet, la réglisse se cuisine très facilement, c'est un vrai plaisir !
Estèbe, ça ne m'étonne pas de vous.
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