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Sur une simple table en bois, la Pata Negra donne le la. Foin de décors prétentieux et de musiques inutiles, de porcelaines précieuses et de verres en cristal, de tons ampoulés et de déférence hypocrite. Derrière la vitre de la cuisine, le chef concentré vous sourit, en préparant sa cuisine du marché.

La maîtresse de salle nous installe tout au fond, prêt du bouquet de fleurs un peu fanées, et me prête une feuille, un stylo (j'ai oublié mon Moleskine à la maison). Un menu en échantillons, comme de petits blasons.

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L'amuse-bouche met en joie, simple et franc. Un velouté de pommes de terre , un trait d'huile d'olive aillée, ciboulette et poivre mignonette. Très aérien, une texture d'écume de bière.

L'entrée est subtile et cultivée. Un peu de foie gras poëlé, sur un lit de radis noir confit au balsamique. Le foie met en valeur le légume acidulé. Un Vouvray redoutablement bien choisi ouvre la danse.

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(certes, il y a un trait de balsamique à côté du foie gras)

La daurade dans sa feuille de lotus et sa crème d'oursin, délicatement citronnée, est bouleversante. Juste formidable (mot récurrent dans mes hiéroglyphes). Le poisson est d'une subtilité incroyable. Un Saint-Romain bien choisi (décidemment) accompagne gracieusement la dégustation.

Le chevreuil en noisettes, son salmigondi de courge quasi-crue et châtaignes apporte un peu de gravité. La sauce capiteuse, presque chocolatée est un bel hommage au gibier innocent. K. Ishida transmet dans ses plats un immense respect pour la cuisine française. C'est une véritable déclaration d'amour exquisément distillée au gré de ses inventions.

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(qui a dit que la photo était floue ?)

Les fromages sont parfumés (mes gribouillis sont illisibles : la salade au vinaigre de framboise s'accorde parfaitement avec le chèvre). 

La petite fille, riante et ravissante dans sa jupette d'été, apparition furtive, s'accroche à la robe de sa mère, puis repart au premier étage. 

La salade de fruits, litchi, orange, ananas, mangue. Repose un peu les papilles. 

Le verre de Maury, et un dessert tout en contraste. Le sorbet banane et sa sauce café, la tatin de pommes et sa crêpe craquante. Ode au caramel beurre salé.

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Le pas de porte presque franchi, nous sommes revenus sur nos pas, pour dire à Katsumi Ishida combien son art nous a ému, est-ce que c'était bien du radis noir ? Cuit avec la peau juste frottée? Mais c'est fabuleux !. 

Repartir gaiement, quelques entrechats dans la rue déserte. Se promettre d'y revenir.

En mets fais ce qu'il te plaît - 43  rue Chevreuil  69007  Lyon  04 78 72 46 58

Edit du 07/03/2010 : je ne suis pas la seule à être absolument subjuguée par le maître.