Les touristes en grappes de nénuphars disgracieux, concentrés sur leur sourire pour la photo souvenir devant les Nymphéas, nous ont fait fuir. Tant pis pour la halte infiniment belle, délicate après la complexité d’un Klee-par-Beyeler. Dessins aux moirés intéressants, sorcières habitées de rouge, rumeurs d’un bleu écarlate, poisson-cloporte saugrenu et si juste, Diane sublime.

Un peu plus tôt, nous nous étions battues avec plus ou moins de grâce (j'ai fait des progrès) contre un immense tempura de crevette, des udon bien cuites et un bouillon extrêmement bien assaisonné au 39 de la rue Saint Anne. Comme d’habitude, des conversations inachevées. J’ai un peu défendu la beauté prétentieuse du 16ème arrondissement.

Pachyderme avachi d’habitudes, le 16ème Sud de mes années khâgneuses retrouvé au hasard des convocations agrégatives. La boulangerie au coin de la rue diffusait toujours son parfum fadasse, promesse de pain insipide (il vaut mieux descendre un peu l’avenue Mozart). Rue du Ranelagh, la mystérieuse ambassade slovaque nimbait de noir l’horizon soleil-ocre des façades tranquilles. Au bout une cordonnerie absurdement posée au bord du terrain vague. Au foyer des jeunes filles, proche, j’ai passé quelques heures angoissées, face à des jurys las d’entendre des expositions fastidieuses de candidats fouillant nerveusement leurs notes les mains moites, cherchant dans les nuages (avec un air hautement inspiré) les réponses qu’ils ne connaissent pas, dessinant tremblant des schémas faux au tableau. En face, la rue Mallet-Stevens est somptueuse.

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Cette semaine  un peu pénible fut aussi l’occasion de plaisirs menus :

-         un enfant aux joues couvertes d’étiquettes de melon sur le trottoir

-         des moineaux facétieux, guettés à la fenêtre avec le chat

-         la sublime Dalva de Jim Harrisson

-         la sole fraîche juste grillée un jour d’anniversaire

-         une interprétation naïve des Pays lointains surprise lors d’une promenade

-         un dîner avec des amis très chers et nos souvenirs d’hypokhâgne

-         un VRAI poulet fermier dont les chairs n’avaient rien de la rigidité et de l’épaisseur industrielle des simples Label Rouge

Gallinacée 1 :

Pour accompagner les filets juste grillés sur la peau, une salade tiède de pommes de terre, blettes cuites à l'eau et vinaigrette à l'huile de truffe (avec un vinaigre très discret) (par personne : une feuille de blette, deux à trois pommes de terre selon la taille)

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Gallinacée 2 : 

Poulet farci coriandre - amande - citron confit

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Ingrédients : Un poulet bien élevé, une pointe de miel et un peu d'huile d'olive, un petit verre de bouillon de poulet maison

Pour la farcebouquet de coriandre haché, 2 càs de chapelure, 2 gousses ail, pointe cannelle, pointe muscade, 2 échalotes, 1/4 citron confit, 1 oeuf, poivre, sel, poignée amandes hachées.

Préchauffer le four à 160°C.
Préparer la farce en mélangeant les ingrédients, la glisser dans le poulet. (si vous avez une aiguille à brider et du fil, vous pouvez fermer, mais la farce se tient tranquille sans cela)
Masser le poulet à l'huile d'olive, avec une pointe de miel, mouiller de bouillon (la moitié du verre environ). 

Cuire une demi-heure, asperger du reste bouillon, puis augmenter la température à 220°C pendant 45 minutes, en aspergeant un quart d'heure avant la fin. 

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Gallinacée 3 : 

Salade poulet-mangue

 

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Un blanc de poulet en lamelles, trois pommes de terre par personne, une carotte râpée, quelques pickles de mangue, de la coriandre, une vinaigrette Melfor (ou vinaigre de cidre) et huile neutre, quelques noix de cajou grillées.

Une belle bière et quelques poils de chat.

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