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Il faudra contourner la ville, passer outre le Pier 39 où d'épars lions de mer contemplent abrutis de soleil les touristes en rang de sardines sur le quai en bois, éviter les vendeurs souriants de souvenirs à trois sous, arborer une moue toute européenne de dégoût face aux parfums de mauvaise friture, longer les plages desquelles quelques téméraires partent braver les requins de la baie. Il sera un peu décevant, certainement, comme une Tour Eiffel dont on photographierait maladroitement le séant, une carte de Paris à la main.

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Lumière crue. Des paysages au loin faits d'ocre et de bistre, déjà sépia. Teintes effacées, brûlées. Et pourtant le vent glace, et la ville revêt à la hâte un brouillard de coton fin, ambiance sombre de films noirs. C'est l'heure de trouver refuge, dans un bar non quelconque, près de la Powell Station.

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(attention, ici, quand on demande un Martini, on vous sert un grand verre de vodka avec un nuage de Martini)

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Un autre jour, San Francisco est un décor de comics, au filtre du Moma. Buildings formatés et multicolores.  

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L'Elvis joufflu d'un Warhol ne détone pas face au public à casquettes ou chapeaux de cowboy. Au mur, des photos de chiens et d'hommes maigres en marcels sales, buvant des Budweiser au seuil de baraques en bois détraquées au fin fond du Kentucky (belle vie de l'Amérique profonde). Les mobiles de Calder semblaient oubliés dans le hall.

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Près du Moma, dans un restaurant qui ne paie pas de mine, un (demi)burrito très correct (je vous dirai à la fin de l'année, quand j'aurai un peu comparé, mais il était bien assaisonné, pimenté à souhait, et surtout pas trop sucré). Au Tropisueno, 75 Yerba Lane.