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La brume de San Francisco imprègne tendrement les corps, détrempés comme les taches d'encre s'étendent sur un buvard d'écolier. Sur le chemin, les arbres sereins - des ombres chinoises - abritent les silhouettes pressées.

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Nous avons décidé de commencer par les papillons et les crapauds. La fragilité multicolore et les créatures infectes, peau sombre et grenue, interloquées que l'on trouble la quiétude des bêtes laides. Les yeux de poupée étrange nous ont fixés longuement, tandis que nous restions indifférents aux visiteurs pressés d'admirer les lézards bariolés.

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Il y eut aussi un ballet de méduses gracieuses, des pingouins farceurs qui suivent le long de la vitre les doigts gras des enfants hilares, Claude l'alligator, albinos et impassible alors qu'on fêtait son anniversaire (pour l'occasion, les plus motivés étaient invités à se rassembler autour de sa prison de verre pour entoner un “Happy Birthday”), une initiation un peu niaise aux enjeux environnementaux, des poissons qui s'allument dans le noir, un traditionnel squelette de dinosaure, des cris d'oiseaux sur le toit de la Cal Academy of Sciences.

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Puis il y eut The Moss Room. Le restaurant est bien caché, il faut emprunter au fond de la cafétéria où l'on ne sert que des French Fries molles, des sandwichs fadasses et du Diet Coke un escalier sombre bordé d'un aquarium.

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J'ai commandé le porc de la Bailey Farm longuement braisé, servi avec des pappardelle maison, des épinards et du grana padano. Suis restée bouche bée – c'était exactement comme je l'imaginais, comme j'aurais aimé le cuisiner. Viande parfaitement cuite, fondante, romarin subtil, huile d'olive bien choisie, sauce relevée et non grasse (incroyable) ! 
Impression confirmée avec le sorbet de mûre maison (sans jeu de mot idiot). 

The Moss Room à la Cal Academy of Sciences -  http://www.themossroom.com/