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Il faudra dire "la bagnole", ouvrir totalement les fenêtres et laisser voguer les cheveux (en tenant fermement son chapeau), rouler à toute berzingue dans les virages étroits de la côte, s'arrêter fréquemment pour prendre des photos bucoliques (vaches au premier plan et verts presque normand), admirer les rejetons du tsunami - des vagues aux couleurs trop photogéniques -, se surprendre à rêver d'une petite maison au bord de l'Océan, guetter Radieuse Aurore.

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Entre San Francisco et Santa Barbara, on peut manger un sandwich au roast beef et pickles sur la route (juste après le mémorial Henry Miller). Puis se méfier de corbeaux trop semblables aux acteurs hitchcokiens, épiant les lassifs éléphants de mer, dont la graisse bruisse sous la peau des flancs lisses. S'arrêter au démesuré Hearst Castle, celui qui a inspiré Orson Welles - une visite au soleil couchant, avec des figurants en robes de viscose et escarpins bon marché qui, fausse cigarettes à la main, répondent aux questions kitsch du groupe. Amas de sacrés bibelots, mille vierges à l'enfant Jésus, éclats de zèle chrétien veillant sur le sommeil des hôtes, sur l'appétit des convives. Dans le film noir blanc sautillant, le service imparfait de Charles Chaplin sur les cours de tennis, le sourire immortel de Clark Gable, la belle Marion Davies condamnée par le cinéma sonore, m'ont émue.

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Santa Barbara est une ville de béton et cheveux blonds. Occupations constructives : glisser les orteils dans le sable en lisant un bon policier, rester au rivage glacé en regardant les oiseaux sauter dans les vagues, déguster une charlotte aux framboises à la terrasse d'un café français, se demander si les mammouths de mer sont réellement les ancêtres des éléphants de mer. Il faudra réserver une journée au Channel Islands National Park, pour le gris argenté des renards endémiques, le vert époustouflant des paysages, le rouge discret de l'inévitable coup de soleil.

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Quelques adresses, si d'aventure...

- à Monterey, un restaurant hawaien, sans prétention aucune, service adorable et plats bien préparés. L'Ahi parfaitement cuit, sa sauce au wasabi et son bol de riz et haricots rouges relevés de gingembre et sauce soja était délicieux (très copieux). L'Hinano, bière hawaienne, était un conseil judicieux.

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 Hula's Island Grill - 622 Lighthouse Avenue, Monterey - (831) 655-4852 - 25 dollars environ, tax & tips compris

- à Santa Barbara 

- La Patisserie Renaud est tenue par un Français, et sert des Quiches-salades 
(et des ravioles de Romans) délicates (sans sucre et sans bacon**).
Je ne vous conseille pas tellement la charlotte aux framboises, tout à fait décevante
(la pistache au sommet est trompeuse : la génoise est banale, et la couverture
confiture est trop présente) 
 

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Downtown (Arlington Plaza)- 1324 State Street - Santa Barbara, CA 93101 - 805.892.2800 
Open from 7 am – 3 pm Mon - Sun  - Compter environ 15 dollars avec un café
 www.renaudsbakery.com/

- Chez Pascucci, les pâtes Palermo, avec des Black Tiger locales, le bacon savoureux et des capellini relevés d'une sauce aillée, tomatée et de basilic parfumé, étaient délicieuses (sans sucre). La crème brûlée était parfaite : pas trop sucrée, délicate, légère. 

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DSC_0008Pascucci Restaurant - 729, State Street à Santa Barbara - 805-963-8123
environ 30 dollars avec un verre de vin de Santa Barbara très honnête
 http://www.pascuccirestaurant.com/ 

 * Traduction approximative 

** J'aime bien le bacon, mais son omniprésence a quelque chose, disons, d'agaçant. 

PS : beaucoup plus d'images d'éléphants avachis, de dauphins rieurs et de renards mutins ici (clic)