20 juillet 2011

La complexité des groseilles - Le 126, à Lyon

Ce pouvait être un jour fade. Ciel gris-perle, ni esprit ni souffle. Atmosphère tiède, beige. Dehors murmures - nul besoin de s'affirmer dans la solitude bitumineuse. J. (oui, ji-point) un midi d'été devant la porte d'un immeuble un peu décrépi.Nous arriverons un peu en retard, au 126 de la rue de Sèze. Impatientes et curieuses.

Les mets sont des ingrédients égrenés comme l'inventaire d'un retour de marché.

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Une entrée pour le moins surprenante, sardines marinées, asperges blanches, fruit de la passion et curry. Étrange association qui ne convainc qu'à moitié (d'un côté, les sardines, fondantes, délicates, et le fruit de la passion acidulé et espiègle - de l'autre, les asperges extrêmement solennelles, qui peinent à dialoguer avec le plat).

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La rascasse, riz vénéré, chou rouge, groseilles et échalotes m'a totalement subjuguée. Poisson moelleux, groseilles rieurs, notes vinaigrées et douces, équilibre parfait et surprenant.

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L'abricot, biscuit noisette, praline et glace, miel. Amertume délicieuse et très intellectuelle, dessert pointu.

Nulle autre conclusion que la complexité de la cuisine de Mathieu Rostaing, dont les associations de goût sont suffisamment audacieuses pour ravir, mais peuvent tout autant déplaire profondément aux prudents.

126, rue de Sèze - Lyon 6 - 04 78 52 74 34 - www.le126.fr

(compter environ 25-30 euros pour un menu complet, un verre de vin et un café)

Posté par Greshka à 13:30 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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Commentaires sur La complexité des groseilles - Le 126, à Lyon

    Je dois etre prudente je ne suis pas reellement attiree par la cuisine intellectuelle(et puis je n'aime pas le chou rouge). il me semble que quelquefois, a force d'essayer d'associer des ingredients improbables, les cuisiniers se perdent un peu. C'est flou.
    Ceci dit je ne demande qu'a etre agreablement surprise.

    Posté par gracianne, 21 juillet 2011 à 10:24 | | Répondre
  • Gracianne, j'ai essayé de faire un bilan en demi-teinte. Si l'entrée m'a laissée dubitative, le plat principal et jouait très bien sur le duo douceur / acide - ça t'aurait peut-être plu, quand même.
    Le cuisinier est encore jeune, en pleine construction d'identité. j'admire qu'il fasse des essais, qu'il ose.

    Posté par Camille, 21 juillet 2011 à 11:06 | | Répondre
  • Je regrette encore de ne pas avoir vénéré le riz et fait bondir les groseilles. Mon horreur du chou rouge me perdra; de l'autre côté de la table, la volaille ne m'a pas laissé un souvenir émerveillé.

    C'était tout de même un très agréable déjeuner. J'y retournerai sans doute pour découvrir une autre carte.

    Mais avant, j'ai d'autres projets gastronomiques qui requièrent ta curieuse et espiègle présence. Ton jour sera le mien !

    Mais avant

    Posté par Julie, 21 juillet 2011 à 11:20 | | Répondre
  • Julie, j'aime que tu emploies pour moi le même adjectif que celui dévoué aux groseilles

    Posté par Camille, 21 juillet 2011 à 20:15 | | Répondre
  • J'aime tes comptes rendus, toujours sobres et précis.
    (Même si j'apprécie l'inventivité et l'audace en cuisine, je dois être assez proche de Gracianne — mais je suis toujours curieuse de goûter)

    Posté par Mingou, 22 juillet 2011 à 11:00 | | Répondre
  • Mingou, je conçois tout à fait tes réticences - il y a des restaurants dont la cuisine me plaît beaucoup plus, pas nécessairement moins sophistiquée, mais aux associations plus évidentes. Je suis au moins certaine que tu aurais fait de très jolis dessins de ce repas.

    Posté par Camille, 26 juillet 2011 à 10:59 | | Répondre
  • c'est la meilleure table de lyon, sans aucun doute l dessus

    Posté par sborgnanera, 28 juillet 2011 à 11:36 | | Répondre
  • Je ne suis pas une prudente, je touche à tout et goûte à tout (ou presque)... Complexe comme les groseilles ou non, ce dessert me parle, aussi bien visuellement que par ses saveurs.
    Bisous Camille...

    Posté par Lili Végétatout, 15 août 2011 à 14:41 | | Répondre
  • Sborgnanera, je vous remercie encore de m'avoir fait découvrir cette table.

    Lili, je pense que cet univers gustatif te plairait beaucoup, très fruité et hors des sentiers battus. (si jamais tu as l'occasion de passer à Lyon, n'hésite pas!)

    Posté par Camille, 08 septembre 2011 à 22:04 | | Répondre
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