16 décembre 2008
Pizza Ketchup Malabar Boursin. Ou pas.
Le film commence joliment. Des guirlandes d'enfants qui chantent, des montagnes ensoleillées, un été dans les Cévennes. Puis, une cantine d'école. Des équivalences, arrêt sur image.
Banane = plomb. Eau = pesticide. Conservateurs = Mal.
Puis (résumons). Pesticide = leucémie = mort d'enfants.
Nulle possibilité de discuter ces informations, on les retrouve dans les rapports du FAO (Food & Agriculture Organization) et d'autres instances d'autorité sur le sujet. Non, j'aimerais juste dire quelques lignes sur ce film, qui donne à réfléchir.
Réfléchir à la manière dont on veut convaincre, aujourd'hui. Des plans chocs, des larmes, des chants d'enfants, du pathos qui touchent d'abord une corde sensible, sans autre argument que la souffrance.
Réfléchir au rapport à l'enfance. Comme si les cancers et autres maladies des adultes étaient moins graves, comme si ces agriculteurs montrés du doigt, traitant leurs plants, agissaient en toute connaissance de cause. Ne peut-on penser à l'origine de ces maux, à la perte des savoirs organisée par le grand capitalisme du pesticide, à l'orchestration marketing de la demande de tomates en hiver. (Je résume, encore une fois). (le film est aussi très manichéen)
Quelques lignes, donc, un peu moins rêveuses que d'habitude. Parce que ce que j'ai apprécié dans Nos enfants nous accuseront, c'est ce que je savais déjà. Et c'est peut-être aussi ce que je reproche au film : de n'être destiné qu'à une population de convaincus. De scénariser les peurs, à partir d'un exemple extrême, d'une population très touchée par les méfaits de son agriculture. En rentrant chez moi, heureusement, je n'avais ni boîte de haricot vert, ni crème allégée, ni viande sous vide. Juste un peu de verdure, de quoi se repaître, de quoi essayer de (sur)vivre un peu mieux aux incertitudes.
Pour la conscience biologique d'une gourmette avertie,
Une pizza épinard - poire - mozzarella fumée. Sans plomb.
Je vous laisse faire la pâte, chacun ses recettes. Huile d'olive, sel, levure de boulange, farine et un peu d'eau. Je n'ai pas encore essayé celle de Gracianne au lait, mais je l'ai retenue.
Préchauffer le four à 200°C.
Etaler la pâte. en pizza individuelle, c'est plus joli, plus tendance. Très marketing : on a envie de finir la part individuelle, on fait moins attention aux quantités.
Couche 1 : Dans une poêle, faire revenir dans un peu d'huile d'olive, une gousse d'ail, 700 gr de feuilles d'épinard lavées hachées. Laisser réduire, piment d'espelette (AOC)-saler. Pas d'épinard en boîte, il y a du plomb.
Couche 2 : Une demi-poire, pelée, en lamelles fines. Pas de poire de supermarché, il y a des pesticides.
Couche 3, pour ceux qui aiment : Quelques tranches de jambon cru émincées, parties, revenues. Pas de jambon sous vide, il y a trop de sel.
Couche 4 : Quelques tranches fines de Mozzarella Fumée. Pas de mozza en sachet, il y a des conservateurs.
Couche 5 : Un peu de pecorino sarde, râpé. Pas de gruyère, c'est pas la même chose.
Cuire 15 à 20 minutes.
Couche subsidiaire : un trait d'huile d'olive. Une salade arrosée de balsamique (je me répète). constater au passage qu'il y a du colorant caramel dans le vinaigre.
Tout maîtriser, finalement, ça n'est pas une bonne idée, non plus.
16 novembre 2008
Tarte au fenouil et saumon, gingembre et sésame.
Ce serait une recette pour faire vite, une recette d'entre-deux. Et comme je ne lis pas de Pérec en ce moment, mais un joli bouquin de K. Ishiguro, The Remains of the Day, ce serait une recette japonisante, une tarte un peu piquante à la pâte pas trop épaisse (je déteste que le goût de la pâte envahisse le palais), croquante et parfumée au sésame. Des goûts que j'aime, que je connais, ce qui me permet de penser à autre chose en cuisinant. Au prochain film que je veux voir. A ce mail, trois lignes à peine, qui me transporte de joie depuis quelques jours (oh, presque rien, juste la perspective de recontrer quelqu'un que j'admire énormément). Aux livres qui s'entassent sur la table de chevet, du Paasilina, Mrs Dalloway en anglais, le dernier Murakami. Aux prochaines vacances, la perspective de revoir les Vosges et de manger des bredele (mais leur goût n'est pas de circonstance). A S. que je dois appeler parce qu'il est un peu perdu en ce moment, à A. à qui j'ai promis un carrot cake, à J. L., dit le goëland, à qui je dédie cette recette.
Tarte au fenouil, saumon, gingembre, pâte au sésame
Préparer la pâte (les proportions valent pour deux tartes, attention!). Dans un grand saladier, verser 350 gr de farine, une pincée de sel, un schluck d'eau (et certaines sauront traduire -disons, un quart de verre pour commencer), une bonne poignée de graines de sésame, 50 gr de faisselle (ou autant de beurre), 3 càs d'huile d'olive. Ajouter un oeuf, mélanger jusqu'à obtenir une pâte assez élastique, mais pas trop quand même, qui ne colle pas aux doigts (rectifier en farine ou eau). Laisser reposer sous un torchon dans un endroit frais, quelques heures (au moins une)
Préchauffer le four à 200°C. Dans une poële, faire griller à sec des graines de fenouil (si vous en avez - peut être remplacé par de l'aneth). Ajouter une cuillère d'huile d'olive, un pouce de gingembre râpé. Laisser cuire quelques instants, puis ajouter un fenouil coupé en fines lamelles. en cours de cuisson, ajouter 4 càs de sauce soja, une càc de miel. Pendant que le fenouil cuit, découper joliment un pavé de saumon en fines lamelles, étaler la pâte sur une surface farinée, la faire cuire à blanc quelques instants (2 minutes pour ma part, juste histoire de sécher un peu le fond). Verser le fenouil cuit (il ne doit plus rester trop d'eau) sur le fond de tarte, ajouter les lamelles de saumon. C'est l'étape la plus difficile : comment étaler à peu près joliment une douzaine de ces lamelles sans créer d'encombrement? Une fois la question résolue, enfourner pour 30 minutes et déguster tiède.
Que boire avec ? Un bon thé au jasmin, ou une bière blanche exceptionnelle, dont les références et usages sont soigneusement notés dans un joli cahier, avec une écriture d'enfant.
29 juin 2008
Greshka et Camille déménagent! Une pissaladière dans le panier à pique-nique
Entre le remplissage frénétique de cartons (où l'on ne regrette -presque- pas les pots d'épices utilisés une seule fois), le voyage vers l'espace de stockage des affaires(fermé le dimanche) et l'oubli de mon billet de train dans un desdits cartons (retrouvé, pas d'inquiétudes), j'ai peu de temps.
Greshka et moi rentrons à la maison pour l'été, mais revenons (très) bientôt pour de nouvelles recettes. D'ailleurs, elles sont dures à trouver en ce moment. Je suis passée en mode herbivore, le soleil et la torpeur étouffent toute velléité de manger ; et puis je ne vais pas donner une recette de taboulé, on le raconte si bien ici, ni mes vinaigrettes ou mes salades moins folles que celles de certaines. D'abord, comme je voyage beaucoup cet été (le chat un peu moins), j'aurai l'occasion de raconter des recettes d'ailleurs...
Bref. Un peu de répit cet après-midi, le petit monstre velu dort, j'ai le temps de raconter ma pissaladière, celle que j'aurais fait pour mon voyage si je n'avais pas rangé tous mes plats, comme les niçoises préparaient le repas de leur mari le matin. J'aime bien revenir aux origines de ces pains que l'on garnissait de quelques ingrédients seulement. Pas très originale comme recette, certes, mais j'aime bien la mienne.
La dernière part
Pour une jeune fille et son chat en voyage, une pissaladière
Préparer la pâte au moins deux heures à l'avance : dissoudre un demi-paquet de levure en sachet dans un verre d'eau tiède (plutôt froide que chaude) - environ 10 minutes à un quart d'heure. Dans un saladier, verser 125 gr de farine, une pincée de sel. Ajouter la levure, mélanger à la main, ajouter un filet d'huile d'olive, puis, progressivement, de l'eau jusqu'à obtention d'une pâte élastique. Laisser reposer au frais sous un torchon propre, pendant au moins deux heures.
Préparer la garniture. Faire revenir doucement 3 oignons émincés en lamelles dans de l'huile d'olive (chiffre à moduler selon envies, j'aime bien la pissaladière dénudée, compter au moins deux de plus pour des amateurs de plats habillés), ajouter une cuillère à soupe de sucre, une pincée de sel.
Hacher une douzaine d'olives noires -je préfère, c'est plus élégant et plus pratique que l'olive non dénoyautée dont on tente tant bien que mal d'extraire en toute discrétion le noyau-. Préparer une douzaine de filets d'anchois -je les hache aussi, c'est à votre guise.
Préchauffer le four à 220°C.
étaler la pâte à la main sur une plaque type Tefal farinée, ajouter les oignons puis les anchois et les olives. Cuire jusqu'à ce que ce soit cuit : la pâte à pain doit être cuite, on surveille les bords pour voir. La mienne a cuit 15 minutes, c'était assez réussi.
07 mai 2008
Tarte salée et chat qui miaule
Le chat n'arrête pas de miauler en ce moment, la chaleur l'énerve -ainsi que le match Lyon-Sedan à Gerland, qu'on entend d'ici.
Ce soir, appétit d'oiseau et envie de vert de saison. J'ai fait une tarte aux légumes, majeure courgette.

Pour la pâte, j'ai suivi la recette de Tenzo qui fonctionne à merveille. Je l'ai quand même retravaillée un peu et mis moins d'huile, mais elle est vraiment super (jugez vous même!).
Pour la garniture : Faire cuire un oignon blanc, une branche de céleri, une courgette émincés farinés dans un peu d'huile d'olive. Préchauffer le four à 200°C.
Dans un saladier, préparer : un petit pot de faisselle, un œuf, de la ciboulette, sel poivre noix de muscade, une pointe de moutarde. Rajouter les légumes lorsqu'ils sont presque cuits.
Faire cuire 18 minutes, laisser refroidir.

12 avril 2008
Quiche Lorraine
Le petit frère est là, pas de cuisine aux brocolis ou au panais mais du vrai, du "normal" normé normatif. Donc, après l'éreintant voyage, nourrir le jeune homme avec une quiche lorraine (tout en lui présentant le chat).
Préchauffer le four à 200°. Donner plein d'emmental à râper au petit frère, pendant ce temps s'occuper des choses plus sérieuses : découper une tranche de lard fumé en petits lardons (soit une douzaine de lardon de moins d'un centimètre de largeur). Les faire cuire un peu. Battre 3 oeufs (les battre vraiment, pour que ce soit mousseux), saler poivrer noix-de-muscader, ajouter du lait jusqu'à ce que la couleur vous semble jolie (un jaune très pâle, mais je mets très peu de lait, peut être un demi verre). Ajouter les lardons, les deux tiers du fromage. Dérouler dans un plat à tarte la pâte brisée toute faite (oui, mais c'est la dernière, c'est promis). Faire précuire un peu la pâte, puis verser le mélange. Laisser cuire 35 minutes, préparer la laitue "Reine des glaces" achetée sur le marché.
Retrouver ça dans le four, pousser des cris d'admiration, inviter les colocataires à constater, ainsi que le chat (qui, dès qu'il s'agit de cuisine, est toujours prêt à constater). Dévorer avec de la salade.
20 mars 2008
Pizza et Samba
Un ènième blog culinaire me direz-vous, et même pas super-sophistiqué... Oui, mais:
- Je suis une étudiante, avec des contraintes -de temps, d'expérience, d'amis nombreux à nourrir-, ça change
- Je suis une étudiante, je suis toute jeune et ne demande que les commentaires d'autres bloggeurs - bloggeuses averties
- Je suis certes étudiante, mais j'adore manger autre chose que des pâtes
- Et le chat aussi
Je commence par une première recette, d'une simplicité enfantine, mais rapide et si bonne : une pizza
Pour la pâte, Marmiton.org
Pour le reste... J'ai fait revenir dans de l'huile d'olive un oignon, du céleri branche émincé très fin. Ajouté du jambon coupé en lamelle. Attendu. Puis hors feu, une petite briquette de jus de tomate (parce que la tomate fraîche avant juin n'est pas une tomate écolo), un peu de Tabasco, du chèvre émietté, des olives vertes dénoyautées et coupées très fines. Saupoudrer de parmesan râpé (ça change du gruyère) et d'origan
Faire cuire à 200°C pendant 13 minutes, attendre avec le chat sur les genoux




















