Greshka & Camille

Slow Food & Cookery, à Lyon

23 octobre 2009

L'opéra en automne

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Les pas ont de curieuses manières les dimanches d'automne. L'atmosphère humide d'un temple est un préambule comme un autre d'une longue promenade sur les berges du Rhône, un jour de patrimoine. Les chorales enjouées peuvent laisser indifférents les visiteurs curieux de l'architecture ronde de la voûte, des motifs étoilés des fenêtres, des escaliers poussiéreux dont l'ombre dessine des volutes anthracites sur les murs nus.

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Un autre dimanche, les confettis chatoyants, ocres et pourpres, roux et dorés, délitement des arbres sur le bord des trottoirs indifférents, sont un autre sujet de conversation.

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Des reflets romantiques sur les feuilles mortes (l'interprétation d'Yves Montand me plaît toujours plus que celle d'I. Pop), délicatement ramassées aux marges du fleuve. 

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Ocres aussi, les murs d'un New York obsolète, celui de West Side Story et du Don Giovanni joué à l'Opéra de Lyon. (Oh, il y a un opéra, à Lyon? m'a demandé ma grand-mère). En quelques notes, la trame est dévoilée, les symboles de la tragédie exposés : crinière blonde et interminable de Donna Anna, mort brutale et sans honneur du Commandeur, l'amant mou et obligeant (Don Ottavio) surgit bien trop tard. Le héros est sans noblesse ni morale, insolent face aux rédempteurs, infâme bon vivant, dont la seule vertu est un courage en demi-teinte et un appétit féroce.

L'occasion de constater aussi que Audrey Hepburn (My fair lady) est un peu pensée comme une nouvelle Zerline, femme simple mais non candide.

Sans autre transition, un agneau réglisse menthe citron vert fit il y a peu le bonheur de nos palais.

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Pour 2 personnes (avec des restes, qui remplissent très gentiment les gamelles du midi) : 500 gr de selle d'agneau, 3 échalotes, un bâton de réglisse*, un demi citron vert, quelques branches de menthe, 2 gousses d'ail, et un bouillon de légumes.
Faire revenir la selle détaillée dans un fond d'huile d'olive à feu moyen, ajouter échalotes et ail finement émincés, mouiller à hauteur de bouillon de légumes maison (sinon, de l'eau), ajouter un bâton de réglisse fendu, deux branches de menthe, sel. Laisser cuire 40 minutes.
Ajouter le jus d'un demi citron vert, poivrer, servir avec du riz.

* Les bâtons de réglisse se trouvent en pharmacie.

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30 septembre 2009

Last call for september.

Jean-Louis Trintignant, d'abord. Le col roulé noir et austère, le sourire aux lèvres. Des yeux de poupée, ourlés de khôl, des filles un peu délaissées. Des histoires de cachette et d'argent, la sortie de prison par un fantasque mariage italien et la cavale dans les gares. Le film est à rebours, reste une saveur de cigarettes seventies et l'envie de fuir, à toutes jambes, avec une fausse moustache et des lunettes en écaille, le col du trench beige relevé. Merci Simca.
Le lendemain, c'est Mia Farrow qui mène la danse. Angélique et sinistre avec son petit air d'oiseau craintif et fou, chétive créature dans ses robes trop grandes en dentelle, cloîtrée dans un appartement où John Cassavetes s'admire dans la télévision, mange de la mousse au chocolat et joue au Scrabble. L'espace est oppressant.
Le jeudi, Gregory Peck malade et amnésique est soigné par une charmante psychanalyste qui note sur un carnet à spirales un rêve fou, où les personnages ont l'air d'évoluer dans une toile de Dali. Les rayures deviennent menaçantes, surtout sur la neige. 
Samedi, après la bière rafraîchissante prise en compagnie d'une blogueuse cosmopolite (et charmante), Woody Allen a tenté de s'évader de prison avec un pistolet en savon, tandis que ses parents honteux répondent à une interview déguisés en Marx Brothers. Il est aussi question d'une lingère aux longs cheveux noirs, et de repas chiches composés d'une demi-tranche de salami.
Repliée sur le canapé, la tablette de chocolat sur la table basse, selon l'humeur un whisky ou une tisane. Il faut tirer un peu la couverture, parce qu'il prend un peu de place. 
Il faut aussi partager le chocolat, qui subit une surveillance tacite mais aiguisée. 
Accepter doucement la présence de l'autre. 
Il sale l'eau des pâtes avec un grain de sel, et laisse brûler les carottes. (!)
Il pédale sur son piano toute la journée, mais vient gratter à ma porte au moment des repas.
Il vérifie son Stetson dans la glace, mais n'a pas encore osé le porter.
Il a cassé mon bol préféré, j'ai rétréci son pull en laine.
Il a bien aimé les nouilles maison avec le lapin, merci.
Il est beaucoup plus grand que moi, mais fait semblant de l'oublier. 
Il ne supporte pas les Creedence, mais apprécie Buddy Holly.
Il veut bien voir du Godard, mais pas des films contemplatifs japonais où les hommes parlent aux anguilles.
Le petit frère.
Et dimanche, finalement, il a tout de même accepté. Nous avons évité d'en discuter, cette fois, parce qu'il est difficile de se faire une opinion définitive d'un film bouleversant les habitudes. Puisque l'homme parle peu (mais rit parfois), n'aime pas (mais est déchiré par l'amour), oublie (mais évoque ses souvenirs avec l'anguille). 
Bon, et avant que ça ne soit définitivement plus la saison des concombres, et puisqu'il a aimé au point de se faire trois fois la même salade la semaine suivante, une

Salade Thaï  

salade

Pour deux, il faut une escalope de poulet, du thaï peanut butter*, un demi poivron rouge, un concombre Noa (attention, pas les grands concombres fades), de la coriandre, du citron vert, des noix de cajou non grillées non salées, une bière blanche.

Et c'est très simple : faire griller dans un trait d'huile neutre l'escalope émincée-marinée-dans-le-thaï-peanut-butter-auquel-on-a-ajouté-un-demi-pili-pili, ajouter le poivron en lamelles. Après, il s'agit de faire un tas élégant (pour ma part, c'est loupé) de concombre en tranches, de poulet et de poivrons, de coriandre hachée et de noix de cajou concassées. D'ajouter une petite vinaigrette à base de Melfor (ou de tout autre vinaigre doux) et d'huile neutre, d'arroser de jus de citron vert. Et si possible, de boire une bière blanche et fraîche et de deviser gaiement. 

* Le thaï peanut butter de Charlotte. (Ctrl C + Ctrl V)
Dans une casserole, combiner:
1 tasse (en volume, c'est la quantité de 240ml d'une liquide) de beurre de cacahuetes (dont les seuls ingrédients sont cacahuètes et sel, pas de sucre, conservateurs etc) 
80 ml d'eau
2 gousses d'ail, émincées
1/2 c à c. de sauce soja
2 cac huile de sesame
2 cas cassonade
2 cas sauce de poisson
1/2 cas cayenne en poudre
2 cac jus de citron vert 
80 ml lait de coco
****************

(ça pourrait être un quizz, avec le nom des films à deviner)
(et bientôt, une exposition scandinave, mais certains bols sont réfractaires à la photographie)
(et bien entendu, aucun lien direct entre mon frère et le concombre) 

13 février 2009

Une course contre les montres de Dali

Une poule sur un mur
                          qui picore du pain dur
                          Picoti picota
                          lève la queue et puis s'en va

La saveur d'une aile amoureusement repliée contre le corps gracieux d'une poulette coquette ou d'un vaillant poulet est en passe d'extinction. Finies les basse-cours piaillantes et joyeuses, les corvées de grains de la pauvre Cendrillon, les poules idiotes et peureuses courant en tout sens dans une herbe haute et fraîche, les œufs parfumés et crottés arrivant au petit bonheur la chance.

Les pauvres volatiles sont passés d'une vie paisible entourés de pépillants poussins, grassouillets et mignons

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à l'enfer de l'industrie agro-alimentaire, du rendement et du fer, de l'antibiotique et du stress.

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Les poulets ont perdu la saveur de la terre et du vent parfois violent, des grains longuement broyés dans un gésier puissant, des courses folles pour échapper aux enfants malicieux. Le goût de la liberté. Il n'est pas question d'eux dans cette recette, les pauvres. Il n'est pas question d'hiver, non plus, puisqu'on ne peut rien faire contre le temps qui passe. Juste une envie d'ailleurs.

Quelques ailes de poulet (fermier) aux accents d'Italie
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Pour deux personnes
Dans une sauteuse, faire dorer sur la peau 4 ailes de poulet (fermier).
Ajouter une cuillère d'huile d'olive, deux oignons moyens émincés, 2 ou 3 gousses d'ail, une branche de céleri émincée, un quart de citron confit détaillé finement. Laisser cuire, mouiller presque à hauteur avec un verre de vin blanc sec et de l'eau. Ajouter 4 tomates séchées en lamelles (je les rince avant, pour les dessaler un peu), les feuilles de quelques branches de persil plat, une feuille de laurier. Laisser mijoter au bas mot 40 minutes à feu doux.
Servir parsemé d'une poignée de pignons grillés, accompagner d'une purée de pommes de terre à l'huile d'olive ou d'une polenta crémeuse au parmesan.

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10 novembre 2008

Une joue de boeuf bourguignon, du "hum" d'appréhension au "j'en veux encore!"


 

J'aurais pu choisir pour écrire ce billet d'autres musiques, de Sarah Vaughan à Nina Simone. Mais il me fallait pour cette recette une musique d'accents, de r roulé et de vraies nasales, de "Paris est une blonde" et de mélodies pour ménagères cuisinant.
Pour ménagère fifty, plutôt. Pour ménagère de plats en sauces et de gâteaux avec 6 oeufs et 250 gr de beurre (oui, oui, dans les carnets de recettes de ma grand-mère).

Pour ménagère, uniquement, nul homme en cuisine, sauf les petits garçons autorisés à lécher les plats. Pour ménagère à tabliers à dentelles découvrant les premiers robots ménagers ("Moulinex libère la femme").

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Fort heureusement, ni mari, ni tabliers à dentelle, ni cuisine calorique. Juste une copine à nourrir, un soir de déprime sentimentale (qui a failli virer en déprime culinaire quand elle a appris qu'elle devrait avaler de la joue de boeuf), une lecture drôle d'une recette un peu improbable (mais j'ai congelé un bout de joue, juste pour l'essayer), un fond de vin rouge, une envie de boeuf bourguignon.

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J'ai préféré prendre de la joue de boeuf : c'est un morceau très peu gras, un peu sucré, et qui fond si bien dans les cuissons longues. Et ça fait plaisir au boucher du marché que parmi toutes ces dames s'arrachant les dernières cuisses de lapin et les filets de boeuf à 10h00 on lui commande de la joue de boeuf. Pour la semaine suivante (ce qui rend la recette d'autant plus longue).
Une semaine plus tard, revenir du marché un peu plus surchargé que d'habitude, avec deux grosses joues de boeuf (un boeuf, c'est quand même gros). Les détailler, et faire revenir les morceaux en plusieurs fois (à moins d'avoir une poële géante : la viande a besoin d'air pour griller -pour respirer aussi, mais tout le monde n'est pas obligé de croire au génie des aliments) dans de l'huile d'olive, à feu vif : ne pas remuer tout de suite, laisser griller (sinon la viande rendra de l'eau, ce qui sera un peu moins bon). Réserver une partie pour le congélateur, si vous n'avez pas un régiment à nourrir sous la main.
Remettre dans une sauteuse (ou une cocotte) la viande, ajouter un ou deux oignons émincés (selon les goûts), une gousse d'ail très finement émincée, quelques branches de céleri, du persil plat émincé (queue et feuille). Laisser cuire (l'oignon doit suer sérieusement)
Ajouter 1/3 de bouteille de vin rouge (le mieux étant un Bourgogne, mais si vous avez un vin bouché, un de ceux que vous gardiez amoureusement et qui est mort avant que vous ne le consommiez, un vin naturel ayant mal tourné, c'est génial : le goût bouchonné disparaît complètement à la cuisson). Une feuille de laurier, une tomate finement émincée (comme ça n'est presque plus la saison, disons plutôt un peu de concentré de tomate, on en trouve des pas mal, à ce qu'il paraît), du gros sel, quelques tours de poivre. Laisser cuire. L'idéal étant de faire une première cuisson un jour (une heure, une heure et demi), puis de laisser refroidir sur un coin de fenêtre, et de recuire le lendemain (une heure encore, au moins).
Accompagner de spätzle ou de bonnes pâtes, et d'un bon vin, un Bourgogne ou un Cabardès, soyons fous, d'une copine. Qui en reprendra, vous verrez.

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20 octobre 2008

Lapinou aux pêches

Une des pages les plus consultées de mon blog est la recette du lapin à la moutarde. J'aime bien regarder les mots clefs, parfois; ce qui fais qu'une personne arrive par hasard sur mon blog. Cuisiner un lapin, comment cuisiner un lapin (j'aime bien qu'on pose des questions à google) sont récurrents. "Manger un chat", "les pâtes sont-elles bonnes pour les chats", "tarte aux harengs fumé" sont plus rares, mais je les aime bien aussi. Et il y a ceux qui tapent "Greshka" dans Google : je suis très heureuse de voir que les gens se souviennent plus du nom de mon chat que du mien.
Bref, comment donc cuisiner un lapin? C'est simple. Il faut acheter du lapin -cette fois ci, deux mignonnes épaules qui me faisaient de l'oeil sur l'étal du boucher-. Et après on est bien obligé d'en faire quelque chose. Avec les pêches de vigne achetées au marché (oui, c'est encore de saison chez moi, mais il faut plus chaud je vous signale), si possible, parce qu'elles s'ennuient un peu.

Lapin aux pêches de vigne.

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Faire griller dans un fond d'huile d'olive une épaule de lapin par personne (la chair est bien plus fine que celle de la cuisse, c'est un truc de connaisseur). Lorsqu'elle est bien grillée, ajouter un oignon moyen émincé par personne, une pincée de ros sel, une feuille de laurier, une pêche émincée finement par personne, quelques clous de girofle. Lorsque les oignons ont sué, ajouter de l'eau et un tout petit peu de vinaigre de vin, couvrir, laisser cuire pendant au moins une heure : la chair doit se détacher de l'os. Ajouter à la fin quelques tranches de pêche.
Du riz en accompagnement, oui, c'est assez difficile de trouver un légume qui réponde à la pêche.

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25 août 2008

Greshka et Camille (faussement) de retour : un tajine d'agneau à l'orange pour fêter ça

Où Greshka et Camille firent un retour éclair sur la blogosphère,
Avant de repartir vers de nouveaux horizons
(Mais on revient, hein)

Je pensais dresser un compte rendu gastronomique de chacune de mes aventures...Je préfère quelques anecdotes, en forme de  carte postale

Une randonnée dans l'Yonne, où nous profitâmes assez largement de la viticulture...

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Les poissons du restaurant d'Accolay

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Le chat de Monsieur Colinot
(dont l'Irancy est magnifique, mais qui fait aussi un excellent ratafia, il faut le dire)


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Un chouette antiquaire sur le parvis de la cathédrale d'Auxerre

Puis une semaine à Berlin
Si j'ai vu mon idole...

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Culinairement parlant, les spécialités locales étaient loin d'être alléchantes : la curry wurst de Berlin, incontournable paraît-il, est une saucisse accompagnée de ketchup au curry. Pas très intéressant, quoi

Enfin, trois semaines en Bretagne
, l'occasion de lire d'excellents bouquins...

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et de découvrir d'autres coins...

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Tout ça pour introduire un tajine qui n'a rien à voir (encore une recette de viande, je suis désolée de n'être pas assez végétarienne parfois)... J'ai eu le privilège de cuisiner ce midi pour mon petit frère, qui a mangé normalement (je crois que ça lui a plu, mais il est assez exigeant)

Tajine d'agneau à l'orange... pour un joueur de tango et sa grande sœur

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Découper en morceaux de la taille que vous préférez un jarret d'agneau. Le saisir à feu vif dans de l'huile d'olive (dans une sauteuse, ça marche).
Si vous êtes organisés, vous avez déjà découpé un oignon moyen, deux ou trois échalotes, une branche de céleri branche qui traînait dans le réfrigérateur. Sinon, faites-le en quatrième vitesse, en remuant un peu l'agneau. Lorsque l'agneau est bien saisi, ajouter les légumes susdits. Baisser le feu, laisser suer.
Saler, poivrer, ajouter du ras el hanout (la quantité aimée, une cuillère à soupe va), un demi verre d'eau, du fond d'agneau maison (ça devient compliqué, parce que c'était déjà au réfrigérateur, mais un bouillon en cube du commerce, bio c'est mieux, est un moindre mal). Ajouter (pour le côté "orange" du tajine à l'orange) : un fond de pot de confiture à l'orange. Mais des zestes avec quelques quartiers marchent aussi, ainsi que des écorces d'orange. (On peut aussi mettre du citron, mais ça n'est plus un tajine à l'orange, du coup).
Laisser mijoter un certain temps (au moins une demi-heure à feu moyen pour les gens très pressés, trois quarts d'heure à feu doux pour moi).
Servir avec de la semoule et des carottes au cumin.

Je serai plus ou moins présente ces prochaines semaines, le chat et moi préparons le grand déménagement, le vrai, celui qui fait attendre une connexion internet et une cuisinière trois semaines...

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12 juin 2008

Poulet façon tajine : cuisine vite faite, bien faite

Ma cuisine est un peu tristounette avec cette rationalisation des ingrédients. Me restait une poignée de pignons, quelques abricots secs, de la coriandre, un filet de poulet à liquider avant la migration septentrionale -quelques jours chez Papamaman à Boulogne sur mer, l'occasion de manger beaucoup de poisson et de profiter de la rhubarbe qui ne pousse déjà ,oignoplus chez moi.

Avant la traversée épique, donc, un poulet à la va-vite,
inspiré de loin de recette de tajines aux abricots et de cuisine épicée.

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Pour moi, avant le train:
Faire revenir dans un filet d'huile d'olive un poulet émincé fin, ajouter deux oignons nouveaux finement hachés (ou deux échalotes, c'est mieux), trois abricots secs très moelleux en lamelles, une pincée de sel, une cuillère très généreuse de Ras el Hanout, de la coriandre hachée. Faire cuire un peu. Ajouter à la fin quelques pignons de pin grillés à part.
Servir avec : de la semoule à couscous, et une courgette-huile d'olive-citron-coriandre.

06 juin 2008

Lapin à la moutarde : le blues du cuisinier

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Ou : comment je suis devenue triste, et pourquoi ça va mieux

Camille se déplume un peu en ce moment, entre le vrai départ de Julie (un vide intersidéral), la pluie de Lyon, la fatigue (Camille et Greshka déménagent, cherchent pour l'instant le nid confortable de leurs rêves), les mémoires de tout le monde à boucler (pas de sorties, pas d'amis). Ma vie ressemble un peu à ça :

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Bref, dans le métro, je pense plus à améliorer mon coefficient de Durbin-Watson qu'à optimiser mon frigo, et celui qui m'appelle une heure, c'est mon prof d'éco...Je n'ai pas trop envie de cuisiner, juste envie de lire un bon bouquin, le chat roulé en boule et ronronnant à toute allure sur mon ventre (pas très pratique pour tourner les pages).

Enfin, quand même. J'ai acheté un demi-lapin sur le marché l'autre jour, il fallait bien lui faire un sort. Une perle de ma grand-mère (tout dans la même phrase, d'une logique imparable ) : "Ah tu es folle d'avoir acheté un demi-lapin ! Moi je n'aime pas j'ai l'impression de manger du chat. D'ailleurs ne donne pas de lapin au chat, à cause des petits os." Bref. Pour cuisiner le lapin, j'ai fait "à la moutarde", soit au plus simple.

La pin à la mou tarde
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Faire chauffer de l'huile d'olive dans une cocotte, à feu vif. Poser les membres du lapin, faire dorer en retournant de temps en temps les morceaux. Lorsque les membres sont bien dorés, ajouter deux oignons nouveaux émincés, quelques verts d'oignon nouveau tranché, un oignon nouveau entier (oui, il est essentiel que l'oignon soit nouveau, sinon préférer les échalotes), sel, feuille de laurier. Si vous avez : romarin ou sariette, le thym est un peu fort. Lorsque les oignons deviennent translucides, déglacer au vin blanc sec, ajouter un peu d'eau (ou mieux : un fond de lapin maison, ce qui me manquait en l'occurrence). Laisser cuire une heure au moins. Ajouter au dernier moment et hors feu un mélange : une cuillère à soupe de crème fraîche, une cuillère à soupe de moutarde.
On prépare pendant la cuisson du lapin l'accompagnement. Purée de carottes écrasée à la fourchette (liée avec une cuillère de crème fraîche épaisse) et des petites pommes de terre nouvelles sautées dans leur peau.

Une autre recette de lapin ici.

La musique, c'est une inspiration subite. C'est pas ma musique habituelle. Du coup, je me dis que c'est une manière comme une autre d'adresser ses plus sincères salutations au blog Top Slurp, dont la lecture est trop youpi : la musique Lapinounesque a mis du groove dans la marmite de lapin.

 

03 juin 2008

Poulet tout coco

Presque finis, les partiels ! En ce moment, ça reste cuisine minimale, sachant que sur les 4 plaques de la cuisinière, une seule fonctionne pour un appartement de 5 personnes... J'ai donc dû composer pour faire ce poulet coco avec les envies de cuisine des uns et des autres : prêter mon rice cooker pour le riz de Julie, prier pour que l'autre colocataire ne décide pas de se nourrir avant la sortie théâtre, remercier Saint-Casserole de la préférence allemande pour la charcuterie froide le soir...

Bref, un poulet réalisable avec une casserole et une plaque :
Poulet pané à la noix de coco, sauce coco
(le nom a au moins le mérite d'être explicite =)

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Préparer le riz au rice-cooker (oui, du coup mon titre ne vaut plus, c'est de la triche).
Préparer la sauce : Faire revenir un oignon et un bout (un demi-pouce pour moi, mais c'est selon) de gingembre dans de l'huile d'olive. Saler. Lorsque l'oignon est translucide, verser une demi-briquette de lait de coco, 3 bonnes cuillères de curry en poudre, de la coriandre finement émincée, deux tours de moulin de poivre Laisser réduire, réserver.
Préparer le poulet pané : émincer finement du blanc de poulet, enduire les morceaux de farine, puis d'œuf battu avec du sel. Tremper dans une bonne poignée de noix de coco râpée; il faut que les morceaux soient tout blancs. Faire revenir à l'huile (j'ai préféré une huile neutre), retourner délicatement : ça cuit rapidement. Réserver.

En accompagnement, une invention de tomates : faire revenir deux gousses  d'ail finement hâchées,  ajouter deux tomates épépinées coupées en dés, saler, poivrer, ajouter un petit bout de gingembre râpé, une cuillère à soupe de Melfor (du vinaigre doux, ça marche aussi, sinon un peu de vinaigre de vin et un peu de sucre, à la rigueur), 4 gouttes de Tabasco. Laisser réduire.

Le Melfor, c'est pour la touche alsacienne. Parce que j'en ramène toujours de mes expéditions familiales, sous peine de pénurie. Parce que c'est presque un signe secret ("ah! tu connais!"), ce qui définit un peu mon identité (entendons nous bien : je suis certes plus douce que le vinaigre, la comparaison s'arrête là).  Parce que du coup, c'est un peu snob, mais pas trop, juste une attache aux racines.

I ♥ Melfor :

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21 mai 2008

Nems aux restes du marché

Ma coloc et moi, au marché, n'avons pas trop résisté aux appels du poulet fermier grillé, comme un avant goût de vacances et de facilité. C'était un caprice de petite fille, je crois que je n'adore pas le poulet grillé du marché. Je préfère celui que prépare mon papa.
Le poulet était pas mal quand même, gras bien entendu, mais pas trop, la chair était bonne et pas trop sèche. Bref, le chat n'a pas profité des restes, utilisés dans ces petits nems/samossas , juste l'occasion de faire un peu d'épate pour la forme, et d'utiliser la courgette abandonnée. Bref, une farce aux restes.

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Pour 6 nems et 4 samossas :

Emietter le reste de poulet, laisser mariner quelques heures au frais dans un jus de citron, un peu d'huile, de la coriandre hachée, du sel, du poivre. 
Couper en très fines demi-lunes une courgette, émincer très fin un oignon, presser une gousse d'ail, mélanger tout ça avec le poulet, en se battant contre le chat et ses pattes voleuse. Ajouter une moitié de piment vert (pour ceux qui aiment le piquant), encore de la coriandre.
Préchauffer le four à 200°C
Rouler les nems (technique ici) et les samossas (technique ici). J'ai utilisé des feuilles de riz (ça accentue encore le côté occidental, mais je crois que c'est plus cohérent avec la farce).
Badigeonner les nems d'huile (pas trop, hein, le truc étant d'avoir une cuisson moins grasse que celle de la friture)
Cuire 30 minutes.
Se réchauffe très bien, 20 min au four 150°C

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(le roulage est encore quelque peu expérimental, certes...)





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