09 mars 2010

Tiramisù délicieux à l'orange sanguine

Parfois je t'entends rire. J'aime bien quand tu tentes de m'expliquer le dodécaphonisme, quand tu trouves qu'un type qui fait son glissendo à un doigt n'a vraiment rien compris à la vie, quand tu mets des Cantates de Bach au petit-déjeuner, quand tu coupes du pain et que tu me donnes la plus grosse tranche après avoir longuement hésité, quand tu jettes le chat dans ma chambre pour t'en débarrasser, quand tu te regardes dans la glace le matin pour vérifier alors que tu es déjà beaucoup trop en retard, quand tu t'en vas au milieu d'un... [Lire la suite]

06 mars 2010

En mets fais ce qu'il te plaît - cuisine affectueuse

Sur une simple table en bois, la Pata Negra donne le la. Foin de décors prétentieux et de musiques inutiles, de porcelaines précieuses et de verres en cristal, de tons ampoulés et de déférence hypocrite. Derrière la vitre de la cuisine, le chef concentré vous sourit, en préparant sa cuisine du marché. La maîtresse de salle nous installe tout au fond, prêt du bouquet de fleurs un peu fanées, et me prête une feuille, un stylo (j'ai oublié mon Moleskine à la maison). Un menu en échantillons, comme de petits blasons. L'amuse-bouche... [Lire la suite]
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19 février 2010

Le syndrome du labrador - des bols suédois - une bûche de Noël

Chère G., Bien sûr, le labrador, c'est effrayant. De grands yeux noirs sans perplexité aucune, infiniment confiants par habitude. La truffe immense, toujours humide, rassurante. L'être fidèle par défaut, familier d'un foyer de papier glacé. Décor sinistre, l'absence de bonheur. Enfin, labrador, c'est un concept. C'est tout aussi bien Lassie chien fidèle, que l'ambiance d'un Conte de Noël (oui, un Desplechin après 2000). Bien sûr, contre ce cauchemar, on s'éprend de tout ce qu'on croit être un affranchissement des contraintes. La... [Lire la suite]
03 janvier 2010

Jardin d'hiver.

  Aquarelle passée, les pluies du Nord détrempent le paysage. Le ciel se teinte d'ocre au contact des briques, les contours se mêlent. Les bières du Nord ont le goût de ces nuages épais et mauves. À la fenêtre, les miettes de gâteau dans la fourrure du chat, des petits biscuits ramenés de Belgique aux parfums épicés et chaleureux. Saveur incomparable lorsque les gouttes d'eau abîment la couverture neigeuse, froissent l'esquisse des flâneries félines, troublent les empreintes discrètes du merle. Tempête de grêles sur la... [Lire la suite]
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02 décembre 2009

De Charybde en Scylla

  Soie et laines, une toute petite silhouette noire, un peu perchée et élégante. Des lunettes en demi-lune, un filet de brume, quelques cigarettes grillées pendant le cours, fumées à la fenêtre pour éviter l'alarme incendie et dispenser de loin des conseils sur l'inversion de matrices aux noms exotiques. Le passeur : gouffre âcre, acier, odeur capiteuse du métro, métal et caoutchouc brûlé. Sacs serrés, conversations intimes, fatigue. Les âmes en noir se bousculent un peu, et cherchent un point d'horizon où ne converge aucun... [Lire la suite]
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07 novembre 2009

Quasi-zakouskis aux noms alambiqués comme une dissertation de sept heures

C'est un monde barbare. Les soupirs importuns au moindre bruit. Les têtes fiévreusement courbées sous le joug du savoir, de Saint Augustin au post-modernisme. Les douze volumes de l'histoire des capétiens fiérement alignés, et dérobés au labeur des concurrents. Les pages de notes manuscrites, pattes de mouche sans âme. Les regards en chiens de faïence. Les amis, l'oeil morne, le teint pâle, le cerne avenant, le neurone alangui, qui vous évitent pour mieux travailler. Les piles de livres indigestes partout, une vie presque monacale :... [Lire la suite]
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23 octobre 2009

L'opéra en automne

Les pas ont de curieuses manières les dimanches d'automne. L'atmosphère humide d'un temple est un préambule comme un autre d'une longue promenade sur les berges du Rhône, un jour de patrimoine. Les chorales enjouées peuvent laisser indifférents les visiteurs curieux de l'architecture ronde de la voûte, des motifs étoilés des fenêtres, des escaliers poussiéreux dont l'ombre dessine des volutes anthracites sur les murs nus. Un autre dimanche, les confettis chatoyants, ocres et pourpres, roux et dorés, délitement des arbres sur le... [Lire la suite]
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12 octobre 2009

Bartok et les canards

C'est une cérémonie des corps un peu particulière. Les mouvements désordonnés et asymétriques des débutants, jambes gauches propulsant maladroitement le baigneur, contrastent avec l'élégance mécanique des nageuses rodées, accumulant les kilomètres sans fatigue. Les maîtres nageurs officient dans leur beau costume de coton et de nylon. Le choeur des palmes est une litanie mélodieuse, doux froissement de l'eau troublée. Certains viennent oublier les rides, d'autres la cellulite, éliminée à coup de... [Lire la suite]
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30 septembre 2009

Last call for september.

Jean-Louis Trintignant, d'abord. Le col roulé noir et austère, le sourire aux lèvres. Des yeux de poupée, ourlés de khôl, des filles un peu délaissées. Des histoires de cachette et d'argent, la sortie de prison par un fantasque mariage italien et la cavale dans les gares. Le film est à rebours, reste une saveur de cigarettes seventies et l'envie de fuir, à toutes jambes, avec une fausse moustache et des lunettes en écaille, le col du trench beige relevé. Merci Simca.Le lendemain, c'est Mia Farrow qui mène la danse. Angélique et... [Lire la suite]
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15 septembre 2009

Uqulirluki, piturluki, Uqulirluki piturluki *

Un titre étranger est bien commode. On se pare d'exotisme à bas prix, on s'habille d'une intellectualité toute factice. Et pourtant il faut bien apprivoiser ces premiers dimanches ennuyeux d'automne, lumière grise et sans vie, pluies répétées, les feuilles mortes et les marrons déshabillés que le chat fait rouler dans la cour. Premier panais acheté au marché (mais nous avons l'avantage, dans le Nord, d'une culture qui relève presque de la contre-saison, tant elle est précoce). Après avoir épuisé toute son inertie d'une pièce à... [Lire la suite]
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