Greshka & Camille

Slow Food & Cookery, à Lyon

30 septembre 2009

Last call for september.

Jean-Louis Trintignant, d'abord. Le col roulé noir et austère, le sourire aux lèvres. Des yeux de poupée, ourlés de khôl, des filles un peu délaissées. Des histoires de cachette et d'argent, la sortie de prison par un fantasque mariage italien et la cavale dans les gares. Le film est à rebours, reste une saveur de cigarettes seventies et l'envie de fuir, à toutes jambes, avec une fausse moustache et des lunettes en écaille, le col du trench beige relevé. Merci Simca.
Le lendemain, c'est Mia Farrow qui mène la danse. Angélique et sinistre avec son petit air d'oiseau craintif et fou, chétive créature dans ses robes trop grandes en dentelle, cloîtrée dans un appartement où John Cassavetes s'admire dans la télévision, mange de la mousse au chocolat et joue au Scrabble. L'espace est oppressant.
Le jeudi, Gregory Peck malade et amnésique est soigné par une charmante psychanalyste qui note sur un carnet à spirales un rêve fou, où les personnages ont l'air d'évoluer dans une toile de Dali. Les rayures deviennent menaçantes, surtout sur la neige. 
Samedi, après la bière rafraîchissante prise en compagnie d'une blogueuse cosmopolite (et charmante), Woody Allen a tenté de s'évader de prison avec un pistolet en savon, tandis que ses parents honteux répondent à une interview déguisés en Marx Brothers. Il est aussi question d'une lingère aux longs cheveux noirs, et de repas chiches composés d'une demi-tranche de salami.
Repliée sur le canapé, la tablette de chocolat sur la table basse, selon l'humeur un whisky ou une tisane. Il faut tirer un peu la couverture, parce qu'il prend un peu de place. 
Il faut aussi partager le chocolat, qui subit une surveillance tacite mais aiguisée. 
Accepter doucement la présence de l'autre. 
Il sale l'eau des pâtes avec un grain de sel, et laisse brûler les carottes. (!)
Il pédale sur son piano toute la journée, mais vient gratter à ma porte au moment des repas.
Il vérifie son Stetson dans la glace, mais n'a pas encore osé le porter.
Il a cassé mon bol préféré, j'ai rétréci son pull en laine.
Il a bien aimé les nouilles maison avec le lapin, merci.
Il est beaucoup plus grand que moi, mais fait semblant de l'oublier. 
Il ne supporte pas les Creedence, mais apprécie Buddy Holly.
Il veut bien voir du Godard, mais pas des films contemplatifs japonais où les hommes parlent aux anguilles.
Le petit frère.
Et dimanche, finalement, il a tout de même accepté. Nous avons évité d'en discuter, cette fois, parce qu'il est difficile de se faire une opinion définitive d'un film bouleversant les habitudes. Puisque l'homme parle peu (mais rit parfois), n'aime pas (mais est déchiré par l'amour), oublie (mais évoque ses souvenirs avec l'anguille). 
Bon, et avant que ça ne soit définitivement plus la saison des concombres, et puisqu'il a aimé au point de se faire trois fois la même salade la semaine suivante, une

Salade Thaï  

salade

Pour deux, il faut une escalope de poulet, du thaï peanut butter*, un demi poivron rouge, un concombre Noa (attention, pas les grands concombres fades), de la coriandre, du citron vert, des noix de cajou non grillées non salées, une bière blanche.

Et c'est très simple : faire griller dans un trait d'huile neutre l'escalope émincée-marinée-dans-le-thaï-peanut-butter-auquel-on-a-ajouté-un-demi-pili-pili, ajouter le poivron en lamelles. Après, il s'agit de faire un tas élégant (pour ma part, c'est loupé) de concombre en tranches, de poulet et de poivrons, de coriandre hachée et de noix de cajou concassées. D'ajouter une petite vinaigrette à base de Melfor (ou de tout autre vinaigre doux) et d'huile neutre, d'arroser de jus de citron vert. Et si possible, de boire une bière blanche et fraîche et de deviser gaiement. 

* Le thaï peanut butter de Charlotte. (Ctrl C + Ctrl V)
Dans une casserole, combiner:
1 tasse (en volume, c'est la quantité de 240ml d'une liquide) de beurre de cacahuetes (dont les seuls ingrédients sont cacahuètes et sel, pas de sucre, conservateurs etc) 
80 ml d'eau
2 gousses d'ail, émincées
1/2 c à c. de sauce soja
2 cac huile de sesame
2 cas cassonade
2 cas sauce de poisson
1/2 cas cayenne en poudre
2 cac jus de citron vert 
80 ml lait de coco
****************

(ça pourrait être un quizz, avec le nom des films à deviner)
(et bientôt, une exposition scandinave, mais certains bols sont réfractaires à la photographie)
(et bien entendu, aucun lien direct entre mon frère et le concombre) 



22 juillet 2009

Fuir, là-bas, fuir.

Parfois les mots sont absents, insuffisants. L'infinie variation des couleurs et des parfums, la douleur sourde d'une absence sans terme, le bonheur d'une promenade agréablement bercée d'une brise parfaite, toutes ces choses au dessous des mots, exposent une fragilité inconfortable.

Profiter d'un jardin ouvrier pour un pique-nique tardif. L'accès n'est pas facile, il faut prendre la rue des Trois Artichauts, prémisse d'une ambiance hors du temps. Quelques bouteilles dans l'arrosoir frais, les terrines de légumes et les antipasti, le fromage frais et le pain au levain, pelles et pioches pour les garçons, arrosage et cueillette pour les filles (mais je ne m'en suis pas plaint). Des pommes de terre de l'an passé et les premiers radis au goût piquant, l'émerveillement devant des fleurs fragiles de courgette, encore froissées d'une croissance trop rapide. De beaux jardins, amoureusement soignés et arrangés, autant de gravures de magazine. Au loin, des chantiers incongrus et des bruits de ville, oubliés dans les feuillages réjouissants et l'odeur puissante de la terre.

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Une contribution modeste et appréciée à ces agapes, quelques gougères au gorgonzola et aux noix.

 

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Préchauffer le four à 170°C (chaleur tournante). Laisser fondre 30gr de gorgonzola piquante émietté dans 13cl d'eau, à feu doux. Ajouter une càc de noix de muscade moulue. Porter à ébullition, puis verser dans la casserole, hors du feu, 70gr de farine et 40 gr de noix émiettée. Bien mélanger, laisser sécher sur le feu quelques minutes. Puis hors du feu ajouter deux œufs. La pâte est un peu liquide, attention. Déposer de petits tas à la poche à douille sur une plaque type Tefal, laisser cuire 25 à 30 minutes.


A l'autre bout de la France, dans une ville envahie l'été de hordes fluorescentes d'anglais pré-pubères qui achètent des souvenirs Bob Marley et Mickael Jackson devant le château (il faut s'habituer, les hordes pépiantes animent les vieilles pierres), et de douces effluves de poissons pourrissant au soleil l'après-midi (il faut s'habituer, mais c'est plus difficile).

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Sur une nappe en plastique bon marché, au milieu des rires du 14 juillet, dans une assiette en carton. Une sardine et du saumon, du pain blanc (on n'aime que ça, dans le Nord) et du vin blanc sans intérêt, délicieux après la brocante très matinale. Margrethe attend sagement dans son emballage plastique, Boby est encore dans le coffre de la voiture.

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Quitter Lyon, encore, pour les frais sous-bois du Périgord. Le gouda aux truffes noires de chez Mons, mélange détonnant, entêtant. Le luxe de la truffe dégustée dans de petits cubes tendres à l'heure de l'apéritif. Irrésistible.

Quitter la France, enfin. Aller beaucoup trop loin, avec un caviar à l'aubergine nostalgique des jours toujours trop courts. Ce serait un pays des balkans, un peu méconnu, ignoré par défaut de curiosité.
Faire revenir dans de l'huile d'olive la chair d'une aubergine et d'un poivron pelé, ajouter une cuillère de vinaigre doux et une tomate concassée, laisser fondre, écraser au mortier. Ajouter au mélange une rasade généreuse de paprika doux, une pincée de piment d'Espelette., une petite gousse d'ail pressée. Manger à la petite cuillère, ou sur des petits biscuits au paprika. Nosdrovia.

07 juin 2009

Charade - La fameuse invasion de ma cuisine par des fous

Quand l'histoire était finie, il y en avait encore une. "Et si c'était par la fin que tout commençait" ?. Des tests qui ne m'intéressaient pas (As-tu bien lu l'histoire? Quel personnage es-tu?), je préférais de loin les sujets d'invention, et les mots croisés que je recopiais soigneusement sur une feuille blanche, au crayon de bois. (je n'ai osé aborder les livres crayons à la main que très tardivement, et très respectueusement - un trait, une petite croix, quelques mots, jamais plus). La collection Folio Junior est beaucoup moins drôle aujourd'hui, soyons francs, et les titres parfois moins bien choisis.
Dans ma bibliothèque d'enfants, parmi les Fantomette et la série des Alice, le Club des cinq  et le clan des Sept, les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur (l'une d'entre elles s'appelle Camille, la ressemblance s'arrête là) et les histoires de Maurice Druon c'est pourtant les Folio qui me font encore envie. Dino Buzzati, par exemple. J'avais fait la moue quand on m'avait offert le livre, que j'ai lu plusieurs fois pourtant. Et je ne sais plus comment je comprenais l'histoire. Après tout, il est tout à fait habituel que des ours soient sauvés par des magiciens. Pourquoi rêver d'un autre monde ?

***

L'histoire est la suivante : une soirée un peu gaie, un peu triste, avant le départ d'une amie chère. La recette annoncée avec un peu d'appréhension, et choisie pour plaire à tous les palais, mais d'abord au mien. Le champagne déjà débouché,  la cherry pie de la grand-mère de C. rangée précieusement. La musique est un peu folk, un peu douce. Les regards pétillent.
Et si l'envie vous prend de commencer l'histoire par la fin, je vous conseille de prendre une petite feuille blanche, pour ne pas salir l'écran. Je vous laisse le choix du crayon.

Mon premier est une petite ville picarde, charmante quoique méconnue sur le Paris-Touquet, juste quelques voyageurs devant la petite gare en briques rouges, fleurie et pimpante.
Ma seconde est parfois bleue, pour effrayer les jeunes filles, ou rouge, moins par communisme que par avidité.
Mon tout est un légume délicieux, ayant fait un long voyage dans le sac d'une globe-trotteuse collectionneuse de tasses (et amoureuse dudit légume).
Solution : -

 

L'inspiration est anglaise  un jeune homme blond qui aime parfois chanter ses recettes, et un peu strasbourgeoise aussi. La mise en raviolis me plaisait.


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Ravioles de rhubarbe, boeuf et porc, servis avec une sauce à peine sucrée


Pour 4 personnes (soit 10 raviolis par personne):
La farce :
Presser 1 petite tête d'ail frais, ciseler 3 feuilles de sauge, mélanger intimement avec deux càs d'huile d'olive. Faire mariner dans cet appareil 200 gr de faux-filet et 80 gr de poitrine de porc hachés lilliputiennement. Une heure, ou deux, au frais. Faire revenir la préparation, à feu moyen 10 min, puis laisser fondre la viande à feu doux 30 à 40 minutes (ça dépend de la dextérité avec laquelle le "lilliputiennement" fut exécuté), en ajoutant si nécessaire un peu d'eau.
Préparer la compote de rhubarbe : dans une noisette de beurre, sur feu doux, laisser compoter pendant 10 minutes 230 gr de rhubarbe débitée en confettis. Mélanger à la préparation carnée, saler, poivrer à convenance.
La pâte :
Préparer la pâte à raviolis : mélanger 400 gr de farine (mi farine de riz, mi farine de blé, pour ma part), 4 gros oeufs et un trait de vinaigre. Travailler rapidement afin d'obtenir une pâte homogène et élastique. Réserver une demi-heurre au frais.
Abaisser la pâte le plus finement possible (au rouleau, ça se fait, j'obtiens une pâte transparente). Faire des cercles de 7 cm de diamètre (un verre à Nutella, quoi). Déposer une cuillère de farce dans le cercle, refermer en demi-lunes en pressant bien les bords. Laisser sécher 2 heures.
La sauce :
Faire fondre un pouce de beurre, ajouter une càc de miel et 150 ml de bouillon parfumé de légumes. Le mien était aux fanes de navet et poireau, et seyait à merveille.

Cuire les ravioles dans un volume d'eau bouillante salée, 12 minutes. Servir avec la sauce  tiède, et du champagne (préférer un champagne qui a du corps). Parce que trouver un vin qui aille avec la recette n'est pas très facile, et que le côtes du Rhône en cépage Viognier qu'un ami très averti m'a conseillé est introuvable chez le caviste du coin (qui préfère les vins de Languedoc, un comble à Lyon !)


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09 décembre 2008

Gambas sur le rivage. Mura - kap' - mi

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Il y a quelques semaines, Gracianne m'a défiée : Kap' ou pas? Deux invitations au voyage.

Se voir confier une recette, surtout une recette choyée, c'est toujours délicat. J'avais peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas réussir à retrouver la finesse de l'originale, de ne pas savoir composer. L'art de la variation est si fragile.
Des cassolettes de gambas, donc, souvenir d'un Pays Basque que je ne connais qu'en cartes postales.

Les ingrédients:
Les normaux : ail, poivre, crème fraîche.
Les gambas : pas trouvé sur le marché, bien sûr. Une boîte congelée.

Les pas-de-saison-comment-faire :
Les tomates : Arg. Interdiction formelle de toucher une tomate d'Espagne, pas très solidaire, comme agriculture (et pas bon, non plus). Solution potable : la tomate en conserve. J'ai choisi des tomates séchées, dont le goût n'est pas trop sucré, et qui peut se marier avec le poivron.
Le poivron : me pose moins de problème, j'ai jamais vu un poivron français sur les étals. Hop, ni vu ni connu, poivron d'Espagne, dans le cabas. Il avait le goût de poivron, quoi.

Après, il y a les ingrédients basques :

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La ventrèche : un tour dans la seule épicerie basque de Lyon, pas vu, pas pris. Devant les fades jambon de Bayonne de mes charcutiers, j'ai lancé un SOS. Un petit paquet embaumé, certainement préparé un dimanche, à la campagne, est arrivé, le lendemain. Dire que je garde précieusement une adresse sur une enveloppe qui sent le pays basque.
Le piment d'Espelette : nouveau joujou. chocolats chauds, fondants, salades, chat. Tout y passe.

Enfin,
Le cognac : heu. Eh bien. comment dire. J'avais pas. donc basta le goût de flambé, mais je me suis rattrapée sur autre chose (c'est aussi le jeu, hein). Je n'avais pas envie de mettre de whisky (n'importe quoi) ou de rhum (mwof). Encore moins de la bière ambrée d'Allemagne, que je garde précieusement pour le prochain saumon fumé.

Préchauffer le four sur thermostat 6/180° (je sais faire).
Faire revenir rapidement les gambas avec leur carapace dans 1 cs d'huile d'olive, jusqu'à ce qu'elles rosissent. Réserver. J'ai pas fait comme ça, mais presque : j'ai décongelé à l'avance les gambas, les ai déshabillée (NB : les crevettes ne portant pas d'habit, ce terme hautement vernaculaire de la cuisine désigne simplement le fait d'enlever la tête, la carapace et la queue). Si vous voulez faire comme moi (et vous faire mal aux doigts ) : faire revenir les carapaces dans un peu d'huile d'olive, ajouter une feuille de laurier du jardin (de votre grand-mère), un verre d'eau, laisser cuire jusqu'à obtention d'un fond bien parfumé - pas trop longtemps. Faire une petite carapace de farine aux gambas, avant de les faire rosir à feu vif.
Couper le demi poivron et la tomate épépinée en petits cubes. Couper le demi-poivron et l'équivalent d'une tomate en petit cube (attention, bien rincer la tomate séchée si elle est en bocal).
Couper la ventrèche en fins lardons. Fastoche
Décortiquer les gambas et en disposer 4 par cassolette. c'était bien la peine de les déshabiller avant.
Faire revenir rapidement la ventrèche, les dés de tomate et poivron et la gousse d'ail hachée dans l'huile qui a servi à faire revenir les gambas.
Une fois un peu fondu, flamber au cognac (éteindre la hotte). Une fois un peu fondu, ajouter le fond de gambas (pas la peine d'éteindre la hotte, surtout si vous ne l'avez pas allumée)
Ajouter la crème, mélanger. Jusqu'ici, tout va bien.
Ajouter poivre et piment. Sur mon bocal de piment, c'est marqué "remplace le poivre". J'ai longtemps hésité entre les injonctions du bocal et celles de Gracianne, mais vu la qualité médiocre de mon poivre (un vulgaire noir Ducros, même pas de poivres allongés ou de 5 baies dans mon placard, j'ai honte), j'ai préféré faire ce que ma conscience me dictait. J'ai la conscience d'un bocal de piment d'Espelette, donc.
Saler si besoin. Pas besoin, merci. Verser le mélange sur les gambas et enfourner pour une quinzaine de minutes.

Attention, c'est une entrée sérieuse. Il faut avoir un peu marché dans la montagne pour avoir envie de confit de canard à la suite de ça. Mais c'est bon! Tout est vrai. C'est copieux, ça remplit d'émotions gustatives, c'est nouveau. Si vous avez un ami chinois, ça lui plaira, aussi. Après, vous serez bonne à marier.

La prise de vue fut pour le moins cocasse, moi-même montée sur une chaise, pour profiter un peu de la lumière, et mon pote chinois tenant l'assiette en hauteur, tel un Saint Graal. Une seule photo pas trop floue, un peu moche.Un peu sursaturée, en couleurs.

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Le vin. Coq rouge, 2007, un petit vin du Languedoc, qui se boit dans l'année. Un petit rouge, pour les plats pimentés. Alors, oui, c'est le vin d'un type qui n'a rien de mignon, et (horreur des horreurs), la bouteille n'est pas fermée par un bouchon de liège. Ni un bouchon tout court.

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Le vin. Jeanne D'Arc au bûcher des hérétiques gastronomiques.

Une idée, assortie à mon stock de ventrèche : des muffins. Demi-rutabaga râpé, càs de Melfor, 1 tout petit chèvre, un petit bout de ventrèche finement émincée et revenue à la poêle. Une belle cuillère de piment d'espelette. c'est bon.

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Il me reste à lancer ce défi. C'est plus dur. Parce que j'ai peu de recettes, sur ce blog, en fait. Difficiles à choisir. Et puis, je ne veux pas imposer à quelqu'un de demander de la joue de boeuf, de trouver du cardon hors de Lyon, de faire sa farine de châtaigne, d'investir dans une râpe à Knepfle, ou de trouver des tomates vertes en cette saison.
Qu'à cela ne tienne. Je propose donc, à Lili et aux Chéchés, s'ils le veulent, de faire un minestrone (tout sauf les petits pois est de saison)

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ou un gâteau à la châtaigne, parce que je l'aime vraiment. Ou une autre recette, s'ils veulent.

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10 novembre 2008

Une joue de boeuf bourguignon, du "hum" d'appréhension au "j'en veux encore!"


 

J'aurais pu choisir pour écrire ce billet d'autres musiques, de Sarah Vaughan à Nina Simone. Mais il me fallait pour cette recette une musique d'accents, de r roulé et de vraies nasales, de "Paris est une blonde" et de mélodies pour ménagères cuisinant.
Pour ménagère fifty, plutôt. Pour ménagère de plats en sauces et de gâteaux avec 6 oeufs et 250 gr de beurre (oui, oui, dans les carnets de recettes de ma grand-mère).

Pour ménagère, uniquement, nul homme en cuisine, sauf les petits garçons autorisés à lécher les plats. Pour ménagère à tabliers à dentelles découvrant les premiers robots ménagers ("Moulinex libère la femme").

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Fort heureusement, ni mari, ni tabliers à dentelle, ni cuisine calorique. Juste une copine à nourrir, un soir de déprime sentimentale (qui a failli virer en déprime culinaire quand elle a appris qu'elle devrait avaler de la joue de boeuf), une lecture drôle d'une recette un peu improbable (mais j'ai congelé un bout de joue, juste pour l'essayer), un fond de vin rouge, une envie de boeuf bourguignon.

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J'ai préféré prendre de la joue de boeuf : c'est un morceau très peu gras, un peu sucré, et qui fond si bien dans les cuissons longues. Et ça fait plaisir au boucher du marché que parmi toutes ces dames s'arrachant les dernières cuisses de lapin et les filets de boeuf à 10h00 on lui commande de la joue de boeuf. Pour la semaine suivante (ce qui rend la recette d'autant plus longue).
Une semaine plus tard, revenir du marché un peu plus surchargé que d'habitude, avec deux grosses joues de boeuf (un boeuf, c'est quand même gros). Les détailler, et faire revenir les morceaux en plusieurs fois (à moins d'avoir une poële géante : la viande a besoin d'air pour griller -pour respirer aussi, mais tout le monde n'est pas obligé de croire au génie des aliments) dans de l'huile d'olive, à feu vif : ne pas remuer tout de suite, laisser griller (sinon la viande rendra de l'eau, ce qui sera un peu moins bon). Réserver une partie pour le congélateur, si vous n'avez pas un régiment à nourrir sous la main.
Remettre dans une sauteuse (ou une cocotte) la viande, ajouter un ou deux oignons émincés (selon les goûts), une gousse d'ail très finement émincée, quelques branches de céleri, du persil plat émincé (queue et feuille). Laisser cuire (l'oignon doit suer sérieusement)
Ajouter 1/3 de bouteille de vin rouge (le mieux étant un Bourgogne, mais si vous avez un vin bouché, un de ceux que vous gardiez amoureusement et qui est mort avant que vous ne le consommiez, un vin naturel ayant mal tourné, c'est génial : le goût bouchonné disparaît complètement à la cuisson). Une feuille de laurier, une tomate finement émincée (comme ça n'est presque plus la saison, disons plutôt un peu de concentré de tomate, on en trouve des pas mal, à ce qu'il paraît), du gros sel, quelques tours de poivre. Laisser cuire. L'idéal étant de faire une première cuisson un jour (une heure, une heure et demi), puis de laisser refroidir sur un coin de fenêtre, et de recuire le lendemain (une heure encore, au moins).
Accompagner de spätzle ou de bonnes pâtes, et d'un bon vin, un Bourgogne ou un Cabardès, soyons fous, d'une copine. Qui en reprendra, vous verrez.

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23 octobre 2008

Soupe indienne, butternut potiron carotte

De la butternut, encore de la butternut, toujours de la butternut.
Danton, quand il était petit


La butternut est morte, vive la butternut.
Je ne sais pas pourquoi, au gré de mes lectures actuelles, j'ai développé une super envie de saveurs indiennes, de curry, cumin, girofle mélangés, de parfums et de piquant. Et puis, il faut dire, ma butternut commençait à encombrer légèrement mon tiroir à légumes. Et puis j'avais une botte de carottes à finir. Bref, un tas de choses à jeter dans une casserole, et au pire on congèle, c'est pratique.

Soupe parfumée de butternut, potiron, carotte

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Faire revenir -sans corps gras- dans un poële quelques graines de coriandre, trois clous de girofle, une pincée de graines de cumin. Réserver.
Faire suer dans une casserole un oignon, une grosse gousse d'ail dans de l'huile d'olive, ajouter un pouce de gingembre râpé et pendant que ça cuit, se dépécher de couper un gros bout de butternut, deux carottes, un bout de potiron (les proportions de légumes n'ont pas trop d'importance, c'est un peu thirty-thirty-thirty). Jeter tout dans la casserole, mouiller (trois verres d'eau, vous remarquerez l'omniprésence de la trinité dans cette recette). Ajouter une poignée de gros sel, du poivre au choix, une cuillère à café de pâte de curry rouge (encore trois, hahahaha) (si vous avez pas, mon objectif était d'atteindre un goût piment-citron-curry, c'est largement faisable, à mon humble avis, avec ces trois ingrédients, quoique l'on perde un peu de la complétude de la pâte de curry). Laisser cuire, ajouter les trois sortes de graines du début. Mixer, servir chaud, avec de la coriandre ciselée et un naan. (ici, je vous ai bien eus, c'est du pain suédois, mais ça va pas mal).
Soit dit en passant, j'ai préparé cette soupe un verre de Beaujolais à la main : le Chiroubles  que je sirotais passait pas mal sur ce type de plat.

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09 octobre 2008

Du bon usage des tellines

Sur mon marché, un vendeur d'huître inlassablement au rendez-vous. Je regarde toujours ses coquillages avec circonspection, plus par superstition -comment peut-on avoir des huîtres fraîches alors qu'on est si loin de la vraie mer (je parle pas de cette flaque pour surbronzés amateurs de températures outrageuses -même si, hein, j'aime bien certains coins de Méditerranée). Samedi dernier, outre les nobles coquillages, il vendait dans un petit panier, comme un précieux trésor, des tellines -de Sète. Jamais vues, jamais goûtées. Je lui ai tendu une poignée de piécettes, de quoi acheter quelques grammes du curieux animal. à cuisiner simplement, m'a-t-on dit. J'ai suivi le conseil et m'en suis pourléché les babines

Comment manger des tellines si vous en trouvez

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Faire tremper les tellines dans de l'eau pendant au moins une demi-heure, en les remuant de temps en temps (pour les dessabler, me semble-t-il). Préparer l'assaisonnement : un vin blanc sec, une gousse d'ail, une très bonne huile d'olive de Nyons et du persil tout frais. Faire revenir la gousse d'ail dans l'huile et boire du vin en attendant (pas trop quand même, il s'agit de maîtriser l'ouverture de ces dames). Saler. Couper aux ciseaux le persil (ça l'abîme moins).
La grande opération peut alors commencer : dans une casserole chaude, verser un fond de vin blanc et poser délicatement les tellines. Couvrir et écouter le "poc" caractéristique de l'ouverture (si si, vraiment, penchez-vous sur la casserole et vous verrez. Quand elles sont ouvertes, ajouter le mélange d'ail et de persil, déguster aussitôt.

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03 juin 2008

Poulet tout coco

Presque finis, les partiels ! En ce moment, ça reste cuisine minimale, sachant que sur les 4 plaques de la cuisinière, une seule fonctionne pour un appartement de 5 personnes... J'ai donc dû composer pour faire ce poulet coco avec les envies de cuisine des uns et des autres : prêter mon rice cooker pour le riz de Julie, prier pour que l'autre colocataire ne décide pas de se nourrir avant la sortie théâtre, remercier Saint-Casserole de la préférence allemande pour la charcuterie froide le soir...

Bref, un poulet réalisable avec une casserole et une plaque :
Poulet pané à la noix de coco, sauce coco
(le nom a au moins le mérite d'être explicite =)

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Préparer le riz au rice-cooker (oui, du coup mon titre ne vaut plus, c'est de la triche).
Préparer la sauce : Faire revenir un oignon et un bout (un demi-pouce pour moi, mais c'est selon) de gingembre dans de l'huile d'olive. Saler. Lorsque l'oignon est translucide, verser une demi-briquette de lait de coco, 3 bonnes cuillères de curry en poudre, de la coriandre finement émincée, deux tours de moulin de poivre Laisser réduire, réserver.
Préparer le poulet pané : émincer finement du blanc de poulet, enduire les morceaux de farine, puis d'œuf battu avec du sel. Tremper dans une bonne poignée de noix de coco râpée; il faut que les morceaux soient tout blancs. Faire revenir à l'huile (j'ai préféré une huile neutre), retourner délicatement : ça cuit rapidement. Réserver.

En accompagnement, une invention de tomates : faire revenir deux gousses  d'ail finement hâchées,  ajouter deux tomates épépinées coupées en dés, saler, poivrer, ajouter un petit bout de gingembre râpé, une cuillère à soupe de Melfor (du vinaigre doux, ça marche aussi, sinon un peu de vinaigre de vin et un peu de sucre, à la rigueur), 4 gouttes de Tabasco. Laisser réduire.

Le Melfor, c'est pour la touche alsacienne. Parce que j'en ramène toujours de mes expéditions familiales, sous peine de pénurie. Parce que c'est presque un signe secret ("ah! tu connais!"), ce qui définit un peu mon identité (entendons nous bien : je suis certes plus douce que le vinaigre, la comparaison s'arrête là).  Parce que du coup, c'est un peu snob, mais pas trop, juste une attache aux racines.

I ♥ Melfor :

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11 mai 2008

Repas doudou : cari de poulet

Après des journées entières de régression économétriques, d'inférence statistique, de choses qui riment en hic, rien de tel qu'un repas câlin, avec juste ce qu'il faut de douceur et de piquant pour se sentir à l'aise (et oublier le multiplicateur hamiltonien). Je m'inspire d'une recette de Papa (pour être encore un peu plus chez moi).

Pour deux personnes et un chat :

Faire revenir 2 cuisses de poulet sur la peau, sans matière grasse -attendre qu'elles cuisent un peu-. Ajouter : deux oignons blancs émincés, une gousse d'ail pressée, du gingembre frais râpé (quantité à évaluer selon les goûts), une branche de céleri émincée. Du curry -deux à trois secousses du pot-, de l'eau -ou du fond de poulet-.
Laisser mijoter et réduire.

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Ajouter en fin de cuisson : coriandre fraîche et un pot de faisselle.

Prenez une photo près de la fenêtre pour la lumière du jour, repoussez les chats éventuels :

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28 avril 2008

Velouté de brocoli pour végétariens

Encore une soupe, je n'arrête pas depuis que le providentiel mixer est arrivé dans ma vie...
Cette fois-ci, un velouté au brocoli tout simple, très bon, que l'on peut agrémenter de petits morceaux de poulet grillé pour les carnivores...

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Ingrédients (pour deux personnes, pour plusieurs fois, etc...)

de l'huile d'olive
une branche de céleri
1 belle gousse d'ail
1 oignon
1 L de bouillon Kub Or
Une tête de brocoli
De la crème fraiche
Du persil

Faire revenir dans l'huile l'ail, l'oignon et le céleri branche finement émincés. Ajouter le bouillon Kub, porter à ébullition, puis réduire le feu. Ajouter les brocolis, faire cuire à couvert. Pendant ce temps, faire revenir du blanc de poulet émincé sous l'œil vigilant du carnivore (pas le chat, l'autre). Saler, poivrer, mixer en plusieurs fois la soupe, ajouter de la crème fraîche. Parsemer de persil.

Posté par Greshka à 19:42 - Ch'oupes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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