18 mai 2009
Navets sous acide
Lyon-Paris, tout un poème, par la fenêtre du wagon de deuxième classe. Les reliefs vallonnés de la Bourgogne se réveillent en même temps que les voyageurs, bocages charmants, villages dispersés comme les confettis d'un mariage heureux, des cœurs pâles que l'on n'ose ramasser de peur de briser l'harmonie de la fête.
Paris-Boulogne, les immuables vestiges d'une France désuète s'observent désormais à l'intérieur du wagon. Des familles à serre-tête et polo blanc, sacs Longchamp en pagaille et petit pantalon vichy. Une série d'enfants, gérés par une mère attentive - Charles, Eudoxie et Marie-chose. Le chat écoute attentivement la leçon d'orthographe de la petite fille sage - elle n'a pas osé le caresser, sa mère ne voulait pas. Elle est amusante, ma petite voisine, avec son cahier de CE2 et son serre-tête qui lui tombe régulièrement sur le visage. Elle ne crie pas, surveille son petit frère, puis soudain fredonne du Joe Dassin (ouf). Déchiffre par dessus mon épaule Les Nouvelles Orientales. Les sacs sont pliés bien avant l'arrêt du train -au Touquet Paris plage, bien sûr, aurais-je pu en douter ?
A cause de ces petits voyages, j'ai moins de temps pour publier, et me nourris d'impressions : un caramel au pamplemousse et menthe ciselée sur le gâteau au chocolat de ma grand-mère, des asperges vapeur, des fraises gariguettes doucement acidulée, et une quantité déraisonnable de café.
Les navets nouveaux farcis
Par personne, prévoir 3 ou 4 petits navets nouveaux, 2 oignons nouveaux de taille moyenne, 4noix, quelques branches de persil plat, de l'ail frais (à défaut une gousse), du persil, un oeuf.
Faire bouillir dans un wok 3-4 louches d'un bouillon parfumé de votre choix - ici, bouillon poireau-fanes de navets- et un filet de jus de citron (pour que les navets soient bien blancs). Gratter délicatement les navets (sous le menton, ils adorent), ôter une partie de la racine afin qu'ils tiennent dressés. Les déposer dans un panier à vapeur (en bambou, par exemple). A ébullition, déposer le panier en bambou dans le wok, précuire 20 minutes les navets nouveaux, en vérifiant que le niveau d'eau est suffisant (rajouter du bouillon au fur et à mesure de la cuisson).
Pendant ce temps, émincer finement les oignons et l'ail, les faire suer dans l'huile d'olive, puis ajouter un demi-sucre, un peu de bouillon sus-mentionné, deux-trois (selon convenance) càs de Melfor (à défaut, vinaigre doux), du sel. Laisser mijoter 15 minutes.
Dans un saladier, verser les 4 noix (par personne) finement concassées, la préparation aux oignons, quelques branches de persil ciselées, un oeuf, une càc de noix de muscade, une pincée de piment d'Espelette. Mélanger intimement.
Lorsque les navets sont prêts, retirer le chapeau et creuser délicatement à la petite cuillère. (il existe certes des instruments plus efficaces, absents de ma cuisine). Déposer à la place de la chair la farce, remettre les chapeaux. Faire cuire encore 15 minutes dans le panier vapeur.
Déguster tiède avec une salade verte, du pain et du chèvre frais.
03 mars 2009
Effet de lieu. Et son chutney au lime paré de gingembre.
Lyon-Paris-Lyon
Six heures et demi, ils dorment encore. Quelques froissements de Paris Match et de Gala pour les filles en jupes-rouges à lèvres, les Échos ou La Tribune sur les ordinateurs portables des garçons en trois-pièces-lunettes, presque une caricature. Tous insensibles au lever du soleil, trop habitués peut-être à ces escapades encore nocturnes. Difficile de résister aux bercements du train : les yeux mi-clos, la tête brinquebalante, et parfois une respiration plus marquée, comme de grands enfants à l'heure de la sieste. (personne n'a parlé de ronflements)
Un rendez-vous sérieux dans un bâtiment carrelé, aux portes en bois conglomérés, aux allures de piscine municipale. Puis des gens fabuleux (ils se reconnaîtront), des amis chers, admirables. La lumière sur la place de la Concorde était magnifique. Robert Franck à la hauteur de mes attentes, Proust justifiant quelques désinvoltures pendant l'exposition. Le rayon épicerie de WH Smith était tout aussi fascinant (une collection de chips et de chocolate eggs à 15 000 calories).
Huit heures et demi, ils dorment déjà. Une discussion animée au téléphone portable - des mots parfois tristes, projet, délai, équipe, utilité. Un concours d'ordinateurs, des chemises un peu froissées, des cernes et des soupirs. (mais parfois, heureusement, des sourires).
Quelques boîtes de (vraies) sardines étaient aussi du voyage (mais qui rapporte des sardines de Paris ?).
Lieus et lieux, une double cuisson pour un poisson que l'on peut encore manger sans remords.
Et son chutney d'oignons au lime et gingembre.

(Oui, ici, ou là, les mises en scènes sont identiques)
Par personne :
Une tranche de lieu. Epilée, rincée à l'eau froide.
Première cuisson. Faire mariner une tranche de lieu dans le jus d'un demi lime, avec un trait d'huile d'olive, quelques graines de coriandre écrasées.
Réserver au frais le temps de préparer :
Un chutney d'oignons au lime et gingembre : faire griller à sec quelques graines de coriandre, un clou de girofle. Ajouter un trait d'huile d'olive, faire revenir deux gousses d'ail émincées finement, un oignon et demi (par personne), un pouce de gingembre râpé. Laisser suer l'oignon, puis ajouter le jus d'un demi-lime, deux fois son volume d'eau. Saler. Couvrir, laisser mijoter 25 minutes environ.
La deuxième cuisson du lieu. Faire frémir un fond d'eau dans un wok, déposer la tranche de poisson dans le panier vapeur, couvrir, laisser cuire 5 minutes au moins. Piment d'espelette, fleur de sel.
Marion m'a demandé six détails ou habitudes sans importance. Six petites vues de chez moi, donc.
30 novembre 2008
De l'inconvénient du cardon
Se promener entre chien et loup, voir tomber la nuit, apprécier le bleu électrique du ciel avec la douceur des Jeux d'enfants dans les oreilles, sous le bonnet en laine douce.
Plongée en ce moment, (entre autres, quelques pages par ci, quelques pages par là) dans L'histoire des légumes d'Evelyne Bloch-Dano, rencontrée samedi au fond d'une librairie lyonnaise. Un pur hasard, une jolie rencontre.
Chapitre cardon, artichauts. Si le légume semble quelque peu oublié, c'est une véritable institution lyonnaise que mon maraîcher m'a presque obligé à emporter, samedi. Je ne suis pas réticente aux nouveautés, mais :
1) Le cardon est un légume encombrant
Plusieurs apostrophes pour une jeune fille sage : "Eh, Mademoiselle, vous avez un arbre dans le dos". (variante de mon boucher-poète des saisons : une fleur géante). Le cardon est un vaillant légume qui fait presque ma taille (ou l'inverse). D'ailleurs,son transport fut quelque peu ennuyeux, entre mon écharpe et mes cheveux pris dans les longues branches (le cardon, ça décoiffe). La lourdeur de l'objet n'est pas à démontrer, et je suis rentrée du marché plus fatiguée que d'habitude.
Le stockage de la bête n'est pas plus évident : il ne rentre pas dans le réfrigérateur, malgré plusieurs tentatives (enlever toutes les clayettes, essayer de le plier -ahah, la bête est coriace-), il tient cependant très bien debout sur un balcon (remarquez, le balcon est un super garde-manger, je vais y chercher mes carottes dans un petit meuble hors d'âge, et au moment du dîner, j'hésite, parfois longuement, entre pecorino sarde et parmesan coincés entre lesdites carottes).
2) Le cardon est un légume fatigué
Le teint pâle lui donne l'air d'un légume sans vitamine, d'un légume qui manque de sommeil, d'un légume en partiel (un peu comme moi, dirais-je). Nul couleur pétaradante, un bel ivoire. Un peu olivâtre. Tout pour plaire. En plus, il devient tout mou si on ne le stocke pas au froid. Très drôle pour jouer avec le chat.
3) Le cardon est un légume fastidieux
Un épluchage qui dure une heure. Une cuisson longue -blanchir 40 minutes, au bas mot. Le temps d'écouter quelques CDs.
Si j'en restais à mes travers de khâgneuses, j'aurais joliment problématisé tout ça : le cardon, mythes et réalité. Rupture et continuité. Des ambiguïtés.
Plan en deux parties : 1) Tagine de cardons au citron confit. 2) Tagine de cardons aux abricots secs et pignons de pin. Conclusion, ouverture.
1) Tagine de cardons au citron confit.
Faire revenir une poignée de graines de cumin, une càs rase de Ras El Hanout, quelques graines de coriandre. Retirer, faire chauffer de l'huile, y jeter une gousse d'ail et un oignon finement émincés, quelques branches de cardons. Ajouter les graines et poudre, saler, poivrer, ajouter un quart de citron confit finement émincé. De l'eau, pas trop, un verre ou deux. Laisser mijoter à feu doux au moins une heure. Ajouter de la coriandre, si le coeur vous en dit.
Le citron confit doit être bon. Le mien vient d'une épicerie magique, dans laquelle on trouve parfois de la semoule marocaine roulée à la main, des noix de pécan toutes fraîches, de grosses dattes d'Israel qui cotoient des dattes plus fines et moins sucrées de Tunisie, des pâtisseries orientales à se damner, d'énormes écorces de cédrat confites, des pistaches pas trop salées, de l'huile d'argan et des olives magnifiques. De précieuses provisionsque j'emporte, en petits sachets, de Boulogne à Lyon.
2) Tagine de cardons abricots secs, pignons.
Même procédure que l'autre recette, sauf que l'on remplace le citron confit par quelques abricots secs en lamelles, et qu'on ajoute à la fin des pignons de pin grillés. C'est ma version préférée.
On peut glisser dans ces recettes une viande, peut-être de l'agneau, ou du boeuf. Une viande qui a un minimum de goût, quoi. Que l'on fait griller avant d'ajouter les légumes.
Accompagner de thé vert, le midi, pour un déjeuner sur le pouce.
J'ai essayé aussi : le gratin de cardon à la moelle, comme Bocuse. Gras. Bof.
Ouverture: Je remercie Nathalie de m'avoir décerné un prix de blog. Il s'agit d'une éthique. Entre les blogs bio, les blogs qui se réjouissent de la victoire d'Obama, les blogs qui me ressourcent par leur approche de la cuisine, je ne saurais que choisir. (clic, clic, sur les liens). juste les remercier d'écrire.
22 novembre 2008
Chutney de tomates vertes et les pots en verre de Monsieur J.
Rendez-vous fut pris après le cours du vendredi après-midi, le plus dur à suivre. Les étudiants sont fatigués, énervés du week-end proche, et dès que le cours finit, c'est une ruée bruyante vers la porte, en langues diverses, de l'espagnol aux dialectes de Côte d'Ivoire, du chinois au russe.
J'ai pris un autre chemin que d'habitude, l'ai attendu un petit moment sous la bruine qui anéantit les brushings les plus sophistiqués et fait frisouiller les cheveux les plus sages ; un peu de folie et un air de fête quand on rentre chez soi. Son chapeau vert avec une plume m'a tout de suite plu, mais je n'étais pas là pour ça. On a parlé business et paraffine, et je suis repartie toute fière avec, dans un sac en plastique un peu sale, de vieux pots de confiture en verre, faits main, aux étiquettes évocatrices (Abricots 71, apparemment la dernière utilisation). De quoi m'amuser, et jouer à la bobo avec du raphia (remarque, avec un chat dans les parages, ça me semble un peu dangereux).
Mon chutney de tomates n'attendait que ça, conservé pour l'instant dans une boîte en plastique un peu moche. Des tomates, oui. Un plaisir de provincial, je crois, les dernières tomates, les tomates que l'on vend vertes parce qu'on n'est pas sûr de les voir bien murir. Achetées chez Monsieur Châtaigne.
Nul texte engagé ici. Je me bats constamment contre les discours pour le moins énervant du type : "la tomate en hiver, c'est le progrès" (mais pour qui?) "je ne peux pas me passer de tomates" (essaie le patch) "juste une tomate" ,"encore une tomate", "elles ont le même goût qu'en été" (ouvre tes papilles, mon chaton). Je n'ai besoin de convaincre personne, je crois. Ces tomates sous plastiques sont insipides et les conditions de travail des gens qui les ramassent sont ignobles, que ce soit en Espagne ou au Maroc.
Pour lutter contre ça, oui, je mange des tomates en presqu'hiver, un chutney des tomates vertes du marché. Cela dit, il y en a encore quelques unes, des rouges, chez mon maraîcher, mais ce sont les dernières, m'a-t-il dit, l'été indien n'étant pas étranger à l'affaire.
Pour deux gros pots (750 gr). Faire revenir dans de l'huile d'olive deux-trois oignons (selon leur taille), un pouce de gingembre râpé, un kilo de tomates épépinées coupées en gros dés (je ne les monde pas, j'ai la flemme), trois clous de girofle. Ajouter deux à trois cuillères de vinaigre (de miel, pour moi, mais un vinaigre de vin rouge peut convenir), 2 càs de sucre, 2 càs de curry, une pincée de sel, quelques gouttes de Tabasco -à défaut de mieux. Laisser mijoter, ç a doit glouglouter mais pas trop fort. Un bruit très discret, c'est presque une infusion, cette recette. Certains ajoutent des pommes en morceaux ou des raisins secs, comme ça. C'est une bonne idée, mais j'aime bien aussi ce que j'ai fait.
Laisser cuire trois quart d'heure, en remuant de temps en temps, à feu moyen-doux. Rectifier l'assaisonnement à la fin de la cuisson, selon le résultat voulu : sucre / piment / sel / vinaigre.
Verser dans de jolis bocaux, couvrir d'une fine pellicule d'huile d'olive, laisser refroidir et garder au frais. Pas plus de trois semaines, je crois. Moins, pour les plus gourmands. Le chutney est meilleur lorsqu'il s'est bien reposé.
Je l'aime beaucoup juste froid sur un bol de riz très chaud, peut-être aussi avec un joli morceau de thon juste revenu à la poële, une volaille. Un ami des miens a essayé sur des choux à la noix de coco qui refroidissaient patiemment dans ma cuisine, m'a assuré que c'était délicieux, mais je ne le crois pas trop.
Sur les conseils de mon caviste (je suis bonne élève), on peut boire un Pinot noir d'Alsace. C'est mieux de savoir prononcer Ingersheim avant de le boire, et c'est encore mieux de savoir que c'est juste à côté de Colmar, dans cette ceinture de si jolis villages, que j'aime revoir à Noël.
10 novembre 2008
Une joue de boeuf bourguignon, du "hum" d'appréhension au "j'en veux encore!"
J'aurais pu choisir pour écrire ce billet d'autres musiques, de Sarah Vaughan à Nina Simone. Mais il me fallait pour cette recette une musique d'accents, de r roulé et de vraies nasales, de "Paris est une blonde" et de mélodies pour ménagères cuisinant.
Pour ménagère fifty, plutôt. Pour ménagère de plats en sauces et de gâteaux avec 6 oeufs et 250 gr de beurre (oui, oui, dans les carnets de recettes de ma grand-mère).
Fort heureusement, ni mari, ni tabliers à dentelle, ni cuisine calorique. Juste une copine à nourrir, un soir de déprime sentimentale (qui a failli virer en déprime culinaire quand elle a appris qu'elle devrait avaler de la joue de boeuf), une lecture drôle d'une recette un peu improbable (mais j'ai congelé un bout de joue, juste pour l'essayer), un fond de vin rouge, une envie de boeuf bourguignon.
J'ai préféré prendre de la joue de boeuf : c'est un morceau très peu gras, un peu sucré, et qui fond si bien dans les cuissons longues. Et ça fait plaisir au boucher du marché que parmi toutes ces dames s'arrachant les dernières cuisses de lapin et les filets de boeuf à 10h00 on lui commande de la joue de boeuf. Pour la semaine suivante (ce qui rend la recette d'autant plus longue).
Une semaine plus tard, revenir du marché un peu plus surchargé que d'habitude, avec deux grosses joues de boeuf (un boeuf, c'est quand même gros). Les détailler, et faire revenir les morceaux en plusieurs fois (à moins d'avoir une poële géante : la viande a besoin d'air pour griller -pour respirer aussi, mais tout le monde n'est pas obligé de croire au génie des aliments) dans de l'huile d'olive, à feu vif : ne pas remuer tout de suite, laisser griller (sinon la viande rendra de l'eau, ce qui sera un peu moins bon). Réserver une partie pour le congélateur, si vous n'avez pas un régiment à nourrir sous la main.
Remettre dans une sauteuse (ou une cocotte) la viande, ajouter un ou deux oignons émincés (selon les goûts), une gousse d'ail très finement émincée, quelques branches de céleri, du persil plat émincé (queue et feuille). Laisser cuire (l'oignon doit suer sérieusement)
Ajouter 1/3 de bouteille de vin rouge (le mieux étant un Bourgogne, mais si vous avez un vin bouché, un de ceux que vous gardiez amoureusement et qui est mort avant que vous ne le consommiez, un vin naturel ayant mal tourné, c'est génial : le goût bouchonné disparaît complètement à la cuisson). Une feuille de laurier, une tomate finement émincée (comme ça n'est presque plus la saison, disons plutôt un peu de concentré de tomate, on en trouve des pas mal, à ce qu'il paraît), du gros sel, quelques tours de poivre. Laisser cuire. L'idéal étant de faire une première cuisson un jour (une heure, une heure et demi), puis de laisser refroidir sur un coin de fenêtre, et de recuire le lendemain (une heure encore, au moins).
Accompagner de spätzle ou de bonnes pâtes, et d'un bon vin, un Bourgogne ou un Cabardès, soyons fous, d'une copine. Qui en reprendra, vous verrez.
23 octobre 2008
Soupe indienne, butternut potiron carotte
De la butternut, encore de la butternut, toujours de la butternut.
Danton, quand il était petit
La butternut est morte, vive la butternut.
Je ne sais pas pourquoi, au gré de mes lectures actuelles, j'ai développé une super envie de saveurs indiennes, de curry, cumin, girofle mélangés, de parfums et de piquant. Et puis, il faut dire, ma butternut commençait à encombrer légèrement mon tiroir à légumes. Et puis j'avais une botte de carottes à finir. Bref, un tas de choses à jeter dans une casserole, et au pire on congèle, c'est pratique.
Soupe parfumée de butternut, potiron, carotte
Faire revenir -sans corps gras- dans un poële quelques graines de coriandre, trois clous de girofle, une pincée de graines de cumin. Réserver.
Faire suer dans une casserole un oignon, une grosse gousse d'ail dans de l'huile d'olive, ajouter un pouce de gingembre râpé et pendant que ça cuit, se dépécher de couper un gros bout de butternut, deux carottes, un bout de potiron (les proportions de légumes n'ont pas trop d'importance, c'est un peu thirty-thirty-thirty). Jeter tout dans la casserole, mouiller (trois verres d'eau, vous remarquerez l'omniprésence de la trinité dans cette recette). Ajouter une poignée de gros sel, du poivre au choix, une cuillère à café de pâte de curry rouge (encore trois, hahahaha) (si vous avez pas, mon objectif était d'atteindre un goût piment-citron-curry, c'est largement faisable, à mon humble avis, avec ces trois ingrédients, quoique l'on perde un peu de la complétude de la pâte de curry). Laisser cuire, ajouter les trois sortes de graines du début. Mixer, servir chaud, avec de la coriandre ciselée et un naan. (ici, je vous ai bien eus, c'est du pain suédois, mais ça va pas mal).
Soit dit en passant, j'ai préparé cette soupe un verre de Beaujolais à la main : le Chiroubles que je sirotais passait pas mal sur ce type de plat.
20 octobre 2008
Lapinou aux pêches
Une des pages les plus consultées de mon blog est la recette du lapin à la moutarde. J'aime bien regarder les mots clefs, parfois; ce qui fais qu'une personne arrive par hasard sur mon blog. Cuisiner un lapin, comment cuisiner un lapin (j'aime bien qu'on pose des questions à google) sont récurrents. "Manger un chat", "les pâtes sont-elles bonnes pour les chats", "tarte aux harengs fumé" sont plus rares, mais je les aime bien aussi. Et il y a ceux qui tapent "Greshka" dans Google : je suis très heureuse de voir que les gens se souviennent plus du nom de mon chat que du mien.
Bref, comment donc cuisiner un lapin? C'est simple. Il faut acheter du lapin -cette fois ci, deux mignonnes épaules qui me faisaient de l'oeil sur l'étal du boucher-. Et après on est bien obligé d'en faire quelque chose. Avec les pêches de vigne achetées au marché (oui, c'est encore de saison chez moi, mais il faut plus chaud je vous signale), si possible, parce qu'elles s'ennuient un peu.
Lapin aux pêches de vigne.
Faire griller dans un fond d'huile d'olive une épaule de lapin par personne (la chair est bien plus fine que celle de la cuisse, c'est un truc de connaisseur). Lorsqu'elle est bien grillée, ajouter un oignon moyen émincé par personne, une pincée de ros sel, une feuille de laurier, une pêche émincée finement par personne, quelques clous de girofle. Lorsque les oignons ont sué, ajouter de l'eau et un tout petit peu de vinaigre de vin, couvrir, laisser cuire pendant au moins une heure : la chair doit se détacher de l'os. Ajouter à la fin quelques tranches de pêche.
Du riz en accompagnement, oui, c'est assez difficile de trouver un légume qui réponde à la pêche.
29 juin 2008
Greshka et Camille déménagent! Une pissaladière dans le panier à pique-nique
Entre le remplissage frénétique de cartons (où l'on ne regrette -presque- pas les pots d'épices utilisés une seule fois), le voyage vers l'espace de stockage des affaires(fermé le dimanche) et l'oubli de mon billet de train dans un desdits cartons (retrouvé, pas d'inquiétudes), j'ai peu de temps.
Greshka et moi rentrons à la maison pour l'été, mais revenons (très) bientôt pour de nouvelles recettes. D'ailleurs, elles sont dures à trouver en ce moment. Je suis passée en mode herbivore, le soleil et la torpeur étouffent toute velléité de manger ; et puis je ne vais pas donner une recette de taboulé, on le raconte si bien ici, ni mes vinaigrettes ou mes salades moins folles que celles de certaines. D'abord, comme je voyage beaucoup cet été (le chat un peu moins), j'aurai l'occasion de raconter des recettes d'ailleurs...
Bref. Un peu de répit cet après-midi, le petit monstre velu dort, j'ai le temps de raconter ma pissaladière, celle que j'aurais fait pour mon voyage si je n'avais pas rangé tous mes plats, comme les niçoises préparaient le repas de leur mari le matin. J'aime bien revenir aux origines de ces pains que l'on garnissait de quelques ingrédients seulement. Pas très originale comme recette, certes, mais j'aime bien la mienne.
La dernière part
Pour une jeune fille et son chat en voyage, une pissaladière
Préparer la pâte au moins deux heures à l'avance : dissoudre un demi-paquet de levure en sachet dans un verre d'eau tiède (plutôt froide que chaude) - environ 10 minutes à un quart d'heure. Dans un saladier, verser 125 gr de farine, une pincée de sel. Ajouter la levure, mélanger à la main, ajouter un filet d'huile d'olive, puis, progressivement, de l'eau jusqu'à obtention d'une pâte élastique. Laisser reposer au frais sous un torchon propre, pendant au moins deux heures.
Préparer la garniture. Faire revenir doucement 3 oignons émincés en lamelles dans de l'huile d'olive (chiffre à moduler selon envies, j'aime bien la pissaladière dénudée, compter au moins deux de plus pour des amateurs de plats habillés), ajouter une cuillère à soupe de sucre, une pincée de sel.
Hacher une douzaine d'olives noires -je préfère, c'est plus élégant et plus pratique que l'olive non dénoyautée dont on tente tant bien que mal d'extraire en toute discrétion le noyau-. Préparer une douzaine de filets d'anchois -je les hache aussi, c'est à votre guise.
Préchauffer le four à 220°C.
étaler la pâte à la main sur une plaque type Tefal farinée, ajouter les oignons puis les anchois et les olives. Cuire jusqu'à ce que ce soit cuit : la pâte à pain doit être cuite, on surveille les bords pour voir. La mienne a cuit 15 minutes, c'était assez réussi.
12 juin 2008
Poulet façon tajine : cuisine vite faite, bien faite
Ma cuisine est un peu tristounette avec cette rationalisation des ingrédients. Me restait une poignée de pignons, quelques abricots secs, de la coriandre, un filet de poulet à liquider avant la migration septentrionale -quelques jours chez Papamaman à Boulogne sur mer, l'occasion de manger beaucoup de poisson et de profiter de la rhubarbe qui ne pousse déjà ,oignoplus chez moi.
Avant la traversée épique, donc, un poulet à la va-vite,
inspiré de loin de recette de tajines aux abricots et de cuisine épicée.
Pour moi, avant le train:
Faire revenir dans un filet d'huile d'olive un poulet émincé fin, ajouter deux oignons nouveaux finement hachés (ou deux échalotes, c'est mieux), trois abricots secs très moelleux en lamelles, une pincée de sel, une cuillère très généreuse de Ras el Hanout, de la coriandre hachée. Faire cuire un peu. Ajouter à la fin quelques pignons de pin grillés à part.
Servir avec : de la semoule à couscous, et une courgette-huile d'olive-citron-coriandre.
06 juin 2008
Lapin à la moutarde : le blues du cuisinier

Ou : comment je suis devenue triste, et pourquoi ça va mieux
Camille se déplume un peu en ce moment, entre le vrai départ de Julie (un vide intersidéral), la pluie de Lyon, la fatigue (Camille et Greshka déménagent, cherchent pour l'instant le nid confortable de leurs rêves), les mémoires de tout le monde à boucler (pas de sorties, pas d'amis). Ma vie ressemble un peu à ça :
Bref, dans le métro, je pense plus à améliorer mon coefficient de Durbin-Watson qu'à optimiser mon frigo, et celui qui m'appelle une heure, c'est mon prof d'éco...Je n'ai pas trop envie de cuisiner, juste envie de lire un bon bouquin, le chat roulé en boule et ronronnant à toute allure sur mon ventre (pas très pratique pour tourner les pages).
Enfin, quand même. J'ai acheté un demi-lapin sur le marché l'autre jour, il fallait bien lui faire un sort. Une perle de ma grand-mère (tout dans la même phrase, d'une logique imparable ) :
"Ah tu es folle d'avoir acheté un demi-lapin ! Moi je n'aime pas j'ai l'impression de manger du chat. D'ailleurs ne donne pas de lapin au chat, à cause des petits os."
Bref. Pour cuisiner le lapin, j'ai fait "à la moutarde", soit au plus simple.
Faire chauffer de l'huile d'olive dans une cocotte, à feu vif. Poser les membres du lapin, faire dorer en retournant de temps en temps les morceaux. Lorsque les membres sont bien dorés, ajouter deux oignons nouveaux émincés, quelques verts d'oignon nouveau tranché, un oignon nouveau entier (oui, il est essentiel que l'oignon soit nouveau, sinon préférer les échalotes), sel, feuille de laurier. Si vous avez : romarin ou sariette, le thym est un peu fort. Lorsque les oignons deviennent translucides, déglacer au vin blanc sec, ajouter un peu d'eau (ou mieux : un fond de lapin maison, ce qui me manquait en l'occurrence). Laisser cuire une heure au moins. Ajouter au dernier moment et hors feu un mélange : une cuillère à soupe de crème fraîche, une cuillère à soupe de moutarde.
On prépare pendant la cuisson du lapin l'accompagnement. Purée de carottes écrasée à la fourchette (liée avec une cuillère de crème fraîche épaisse) et des petites pommes de terre nouvelles sautées dans leur peau.
Une autre recette de lapin ici.
La musique, c'est une inspiration subite. C'est pas ma musique habituelle. Du coup, je me dis que c'est une manière comme une autre d'adresser ses plus sincères salutations au blog Top Slurp, dont la lecture est trop youpi : la musique Lapinounesque a mis du groove dans la marmite de lapin.




































