Nul besoin de mentionner hôtels de passe, rues sans qualité ou commerces fades de quartier, mais quelques vignettes d’un album parisien dix-septième. Billets à venir, variations mineures opus 17.

Dans un grand sac de tissu, presque rien, la presse du week-end, quelques livres, un goûter parfois. C’est une promenade réjouissante, presque toujours la même un dimanche en fin d’après-midi – passage rituel devant la petite cascade, flux régulier berçant la mélancolie d’un retour au bercail après quelques semaines iodées (récits suédois à venir).  

Album de souvenirs :

-       de vieux messieurs secs - vieille élégance - réfléchissant à l’opportunité de jouer leur cavalier après l’incartade du fou adversaire ;

-       d’autres plus ronds tirant sur le cochonnet en buvant des bières, bobs et barbes, cigarette perpétuelle ;

-       beaucoup d’enfants, enfants à lunettes et enfants princesses, enfants uniques et en triple exemplaires, enfants graves et diablotins, pourfendeurs et adorateurs des oies ;

-       des canetons encore gauches, des canes inquisitrices ;

-       des photographes du dimanche accroupis concentrés pour leur tirer le portrait ;

-      des couples aux sourires imperceptiblement mièvres, mains effleurées et tensions amoureuses ;

-      (plus rarement) des femmes couvertes de miettes enrobées de pigeons gloutons. 

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Photographie sans qualité

Un dimanche après-midi, donc, mollement installée parmi ces personnages, décor idéal pour jouer la lectrice. Par exemple du premier livre de Nina Léger, joliment chroniqué ici. Simplement pour inviter à le découvrir avant l’hiver : c’est l’histoire d’une jeune femme apparemment fade et d’une jeune femme apparemment éclatante. Mais c’est surtout une affaire de musique, celle – exotique – d’animaux de savane, celle – ordinaire et unique – d’une femme qui vit. Nina émaille son histoire grinçante, parfois cruelle, de jolis mots et d'inventions fines et drôles. (elle dédicacera peut-être son prochain à la librairie de Paris (17ème), encore).