Des questions existentielles émaillent le retour du marché (Pourquoi avoir acheté des huîtres alors que je ne sais pas les ouvrir?). Le potiron en cubes et le panais parfumé soulèvent de mystérieux problèmes (Où est passé la marchande de faisselle?) et éclairent mon inaltérable altruisme (Vais-je survivre une semaine sans faisselle?). La touche de céleri branche me rappelle des erreurs passées (Pourquoi ai-je dit que la Thiérache était en Normandie?), les poireaux en lamelles, autoflagellation, (Mais quelle gourde!), l'oignon qui sue, complexes anciens, (Et si mon fromager ne m'aimait plus?). Girofle, laurier, coriandre, mais je ne veux pas parler de ça.

Aujourd'hui, je veux juste parler de l'oursin de Méditerranée (de Marseille, mais il n'avait pas trop l'accent)
J'ai naïvement dit au vendeur que je voulais faire un carpaccio d'oursin. J'imaginais l'intérieur comme une coquille Saint-Jacques, ignare que j'étais.

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Que nenni, m'a-t-il dit, l'oursin se mange à la petite cuillère. Quand j'ai décortiqué les oursins (3 pour une personne), (coup de ciseau dans la bouche, enlever le chapeau, secouer les algues), j'ai pensé que je n'étais pas d'accord. Parce qu'il faut manger le corail, uniquement, pas les algues et autres saletés (je n'ose pas imaginer) qui font "blop" (caractéristique à l'ouverture). J'ai vidé l'intérieur à la petite cuillère, réservé le corail, préparé des sushis avec la moitié, mangé l'autre juste comme ça, nature (c'est meilleur, mais les sushis sont une bonne initiation, je pense).
Le goût de l'oursin est absolument unique, c'est iodé et parfumé, la texture est très fine.
Extase et ravissement.

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Des makis roulés n'importe comment, je concède. Comme une cochonne, je dirais même.

Boire, avec, un grand bol de thé Genmaicha (au riz soufflé).

Bonus. Francis Blanche a écrit Mon oursin et moi, j'ai trouvé la vidéo de circonstances, presque.