Peu de temps pour cuisiner, des repas pris dans le silence d'une vieille cassette d'Yves Montand, d'un chat assis sur un tabouret et assistant solennellement à mes repas frugaux, des plats qui tombent du congélateur dans l'assiette*, des après-midi qu'il faut bien vivre, entassant les feuilles dans un méli-mélo de couleurs vives, de serpentins dans les marges, de calendrier barré rageusement.
Lever la tête, parfois, sortir, bien sûr, et parfois une idée notée au coin d'une page. De nouveaux plaisirs, entendre Boris Vian parler à la radio, le matin avant huit heures, se saouler de musiques, de jazz et de classique, de folk et de rock, de tout ce qui tombe sous la main en fermant les yeux.
Découvrir de nouveaux goûts, parce que les marchés sont dépouillés, en ce moment. Obligée de me réconcilier avec la betterave (j'en ai acheté, prudemment, une seule).

Velouté de betteraves rouges, radis noir, trait de Balsamique

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Faire griller, tant que la casserole chauffe, deux clous de girofle, une cuillère timide de cumin. Ajouter de l'huile d'olive, faire revenir une échalote, puis ajouter la betterave crue (une par personne) en petits dés (en réserver quelques uns pour les râper sur l'assiette). Un peu de bouillon de légumes, un peu de poivre, une pincée de sel, de la muscade, un fond d'eau. Faire cuire 25 minutes. Mixer, ajouter une cuillère généreuse de crème fraîche, selon votre goût pour le rose.  Râper un bout de betterave, un peu de radis noir. Finir par un trait de balsamique.
Un truc simple, pour commencer l'année en épices.
*Enfin, soyons clairs, risotto et nouilles maison, osso bucco et petits gâteaux, j'ai été prévoyante.