Un titre étranger est bien commode. On se pare d'exotisme à bas prix, on s'habille d'une intellectualité toute factice. Et pourtant il faut bien apprivoiser ces premiers dimanches ennuyeux d'automne, lumière grise et sans vie, pluies répétées, les feuilles mortes et les marrons déshabillés que le chat fait rouler dans la cour. Premier panais acheté au marché (mais nous avons l'avantage, dans le Nord, d'une culture qui relève presque de la contre-saison, tant elle est précoce). Après avoir épuisé toute son inertie d'une pièce à l'autre, il faut bien sortir, faire semblant de prendre l'air, un peu renfrogné dans le manteau imperméable.
C'est comme ça qu'on se retrouve, casque sur les oreilles, à écouter, sur la borne interactive du château-musée de Boulogne, des chants d'Alaska qui parlent de poisson et d'huile de phoque, de tambourins et de neiges - à admirer des masques à poils et à plumes, des visages plats et lunaires - à méditer devant les masques de mémoire, le visage perdu dans l'étendue de bois ourlée de plumes, ornée d'élans. Le livre d'or est éloquent : " Merci, c'était cool " " Super, Sensationnel : Sea, Sex and Sun " " ces masques seraient mieux chez eux ".
Si vous n'avez pas envie d'aller à Boulogne, peut-être les visages hollandais exposés à Paris vous conviendrons mieux. Il faudra se perdre à la sortie du métro Miromesnil, parce que le Musée Jacquemart andré n'est même pas sur le plan du quartier (Paris est bien une ville de parisiens). Il faudra bousculer un peu les vieilles dames qui marmonnent devant les toiles, qui ne lisent que les étiquettes et pérorent tout haut " que ces visages sont laids ! " . Et surtout, après avoir admiré les belles joues roses d'un Jésus rieur, il ne faudra pas aller voir les peintures italiennes de l'étage, elles paraîtront bien fades, les regards composés, les poses sans vie. Au retour, après avoir secrètement ri d'une jeune fille qui écoute son audioguide en se recoiffant dans la glace, les mignardises basques d'une amie chère composeront un délicieux goûter sur le dernier banc vert disponible, une bouffée d'air avant la rentrée.
Les gentils mots consolent un peu de la rentrée, un peu différente cette année (j'aurai l'occasion de m'en plaindre bien assez tôt). Je vais être obligée d'aller à la cantine.
Pour me consoler, je prépare des goûters. (je compte bien aussi apporter mon propre repas, bien consciente de l'anarchie qui risque d'en découler). J'ai piqué ceux-ci chez une fille formidable, qui conçoit tout à fait l'intégrisme des pâtes et la quasi-monomanie musicale (mais arrêtons d'en parler!). Il fallait refaire la recette (clic), qui n'allait pas. Pas assez mentholés, et très ordinaires.

Sablés menthe, chocolat & un peu réglisse

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Pour 11 sablés qui n'étaient pas décevants
140 gr de farine, 60 gr de sucre roux et 20 gr de mélasse (qui apportent un petit goût de réglisse à la pâte), 80 gr de chocolat très noir concassé, 80 gr de beurre salé mou, un jaune d'oeuf, 1 càc de levure, les feuilles ciselées de 5 brins de menthe. (recette un peu moins sucrée que l'originale)
La marche à suivre est ici, et a permis d'inaugurer le Margrethe. (je me permets de recopier)
Mélanger le beurre et le jaune d'oeuf, Ajouter le sucre et la mélasse, mélanger à la fourchette.
Ajouter la farine et la levure, progressivement, tout en les incorporant bien. Ajouter la menthe et le chocolat.
Former un boudin de pâte. Le laisser au moins une heure au réfrigérateur.
Débiter des tranches de boudin (attention, c'est un peu friable) et les faire cuire une dizaine de minutes à 180° sur une plaque recouverte de papier cuisson. Ils sont prêts quand leur bord est à peine doré (ils durcissent en refroisissant).

*Miam Miam Miam. en langue alutiiq. ça se chante
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Bonus, pour celle qui préfère les danses de Gene Kelly à celles des borlottis, et chez laquelle on aimerait bien avoir huit ans pour sauter partout et cacher des barrettes à cheveux

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